Dans seulement 8 ans, l’US Navy devra commencer à construire une nouvelle classe de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE). Peu de temps après, au milieu des années 2020, une nouvelle classe de sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) devrait être développée. Et vers la fin des années 2020, la flotte de 4 sous-marins nucléaires lance missiles de croisière (SSGN) sera désarmée et devra être remplacée — et avec elle, disparaitra les 2 tiers des moyens de lancer des missiles de croisière par des sous-marins.

Comme l’argent manque et que les budgets sont de plus en plus resserrés, la force sous-marine américaine envisage de fusionner les 2 types de sous-marins : SNA et SSGN, une option qui permettrait de conserver les capacités impressionnantes de lancement de missiles de croisière et d’opérations spéciales des 4 SSGN, simplement en les répartissant sur 20 nouveaux SNA.

Selon une présentation de la division de la guerre sous-marine de l’US Navy, la division N87, “cette possibilité a été étudiée sur le plan technique et cela fonctionne.”

L’idée serait d’insérer une section de coque supplémentaire, contenant des tubes lance-missiles de grande taille, aux sous-marins de la classe Virginia à construire. Le nombre exact de tubes lance-missiles doit encore être décidé, bien que la plupart des études indiquent que 4 tubes seraient le mieux. Cette nouvelle section mesurerait environ 30 m de long, et augmenterait la longueur des sous-marins, qui est actuellement de 126 m, d’environ 25%.

Deux de ces tubes sont en cours d’installation sur les avants des sous-marins de la classe Virginia Block III, c’est à dire à partir du North Dakota. Ces 2 tubes peuvent accueillir chacun 6 missiles de croisière Tomahawk et remplacent 12 tubes du concept précédent (qui n’accueillent qu’un seul missile). Bien que ces tubes puissent accueillir un large éventail de charge utile, y compris des véhicules sous-marins, leur position sur l’avant interdit un accès à sec lorsque le sous-marin est en plongée.

La nouvelle section de coque contiendrait 4 tubes de 2,2 m de diamètre, pouvant accueillir différentes charges utiles, depuis des missiles Tomahawk — 7 par tube, soit 28 au total — jusqu’à d’autres équipements qui pourraient être mis à l’eau. Les tubes disposent de sas d’accès et de connecteurs permettant leur utilisation par des forces spéciales.

Avec cette nouvelle section, le nombre de missiles par sous-marin allongé (40) n’atteint pas les 154 missiles d’un SSGN. Mais si plus de 20 sous-marins sont ainsi modifiés, les Blocks 5, 6 et 7, les nouveaux sous-marins embarqueraient plus de missiles que les 4 SSGN.

La division N87 estime que la nouvelle section augmenterait le prix d’un sous-marin de 400 à 500 millions $, soit 3 à 3,1 milliards $ par sous-marin.

“Cela peut sembler beaucoup,” explique la division N87, “mais le prix de la construction d’un nouveau SSGN représente 10 fois celui de la modification d’un SNA type Virginia.”

Référence :

Navy Times (Etats-Unis)