L’US Navy prévoit d’effectuer en aout prochain un essai en vol de technologies des missiles balistiques Trident modifiés pour des opérations de frappe conventionnelle, malgré les demandes du Congrès américain de ne pas développer une telle arme.

L’expérience pourrait aider le Pentagone à évaluer la faisabilité d’équiper le missile Trident d’un corps de rentrée manœuvrable et à armement conventionnel. Le corps de rentrée du missile D-5, qui est normalement équipé de têtes nucléaires, recevrait un système de guidage de précision et des surfaces de contrôle modifiées pour améliorer sa précision.

Cependant, le Congrès américain a averti le département de la défense contre le développement ou le déploiement d’armes conventionnelles basées sur des sous-marins, qui pourraient être confondues avec le lancement de missiles nucléaires. Il a décidé l’an dernier d’annuler tout financement en 2009. On ignore si les parlementaires tenteront d’empêcher l’essai prévu en aout.

L’objectif du développement d’une version conventionnelle du missile Trident est de pouvoir frapper en un délai très court (on parle ici d’une soixantaine de minutes) des cibles situées pratiquement n’importe où dans le monde. Des cibles "sensibles au retard" pourraient par exemple être "le transfert d’armes de destruction massive à des terroristes, la préparation du lancement d’un missile balistique équipé d’une arme de destruction massive, ou l’utilisation d’une arme anti-satellite," selon un document du Pentagone.

Aujourd’hui, les seules armes américaines pouvant effectuer des frappes à longue distance et à des délais aussi courts sont équipées de têtes nucléaires et ne seraient par conséquent probablement pas autorisées.

Pour les parlementaires américains, il existe un risque important que le lancement d’un missile Trident conventionnel ne soit mal-interprété par Moscou et ne déclenche une guerre nucléaire.

Référence :

Global Security Newswire (Etats-Unis)