Un jury a abandonné les accusations de négligence contre le commandant d’un sous-marin nucléaire russe, à bord duquel 20 personnes étaient mortes lorsqu’un système d’extinction des incendies avait été déclenché par erreur il y a 3 ans.

Dix-sept des morts étaient des civils, tués lorsque le fréon du système d’extinction avait été diffusé à bord du sous-marin nucléaire d’attaque Nerpa, au cours d’essais en mer du Japon, en novembre 2008.

Vingt et une autres personnes avaient été blessées, dans ce qui était le pire accident dans la marine russe depuis le naufrage du sous-marin Koursk, en 2000.

Le commandant du Nerpa, Dmitry Lavrentyev, et le mécanicien Dmitry Grobov, qui aurait déclenché le système incendie « sans autorisation et sans aucune raison », avaient été mis en examen pour négligence professionnelle conduisant à la mort ou des blessures.

Le jury d’un tribunal militaire de Vladivostok a acquitté les 2 hommes vendredi.

Les procureurs militaires ont annoncé leur intention de faire appel.

« Le jury n’a pas reconnu le fait que le mélange gazeux mortel a été diffusé, » a indiqué un procureur. « C’est étrange parce que c’est ce qui s’est passé. »

En mai dernier, un ancien médecin militaire avait avancé que le système incendie du Nerpa contenait un mélange mortel de fréon et de trichloréthylène — un solvant industriel d’usage commun, très toxique et corrosif — plutôt que du fréon pur.

Des ouvriers du chantier de l’Amur, où le sous-marin a été construit, ont expliqué dans une lettre ouverte, que Lavrentyev et Grobov étaient des « boucs émissaires », et que le désastre était le résultat de la « corruption et de la désintégration du secteur militaro-industriel ».

Référence :

RIA Novosti (Russie)