L’USS Jimmy Carter, qui doit rejoindre officiellement l’US Navy ce samedi, aura quelques possibilités assez spéciales. Selon des experts du renseignements, il pourra se brancher sur les cables sous-marins en fibre optique et écouter les communications qui les traversent.

Le Jimmy Carter àquai

L’US Navy ne reconnaît pas que le sous-marin de 3,2 milliards de $, troisème et dernier de la classe Seawolf, ait une telle capacité.

"Disons que le Jimmy Carter est uniquement capable de remplir des missions vitales dans la guerre contre le terrorisme," répond le representant Rob Simmons, un Républicain et ancien officier de la CIA dont la circonscription comprend Groton, dans le Connecticut, où le sous-marin a été construit.

Mais les spécialistes du renseignement ont peu de doutes : le précédent sous-marin qui accomplissait cette mission, l’USS Parche, a été retiré du service l’automne dernier. Cela n’aurait pu avoir lieu que si un nouveau était en construction. Comme le Parche, le Jimmy Carter a été complètement modifié par rapport au plan initial, lui ajoutant une section de coque de 923 millions de $ qui lui permet de recevoir des techniciens et des équipements pour effectuer l’écoute des câbles sous-marins et d’autres missions secrètes.

L’information diffusée publiquement par la Navy insiste sur certaines capacités spéciales du Jimmy Carter : le navire peut recevoir 50 hommes des opérations spéciales, comme les Navy SEALs. Il possède un sas, une sorte de hangar pour lancer ou recueillir des petits véhicules et des drones. Il peut aussi être utilisé comme plateforme d’étude pour des nouvelles technologies utiles pour les sous-marins.

Mais, contrairement à d’autres sous-marins, Le Jimmy Carter aura aussi la capacité de se brancher sur les câbles sous-marins.

Les communications mondiales sont de plus en plus transmisses par des câbles en fibre optique, plutôt que par satellites ou par radio. "La capacité des fibres optiques est plus importante que les autres moyens de communications, et on ne peut les intercepter au moyen d’antennes radio," indique Jeffrey Richelson, expert dans les technologies du renseignement.

Pour écouter des transmissions par fibre optique, les agents de renseignement doivent physiquement placer une bretelle quelque part sur la ligne. Si les stations qui émettent et reçoivent les communications le long des cables sont en sol étranger ou inaccessibles, placer une bretelle sur la ligne est le seul moyen d’espionner les communications.

Certains soulignent qu’écouter les communciations sur les cables sous-marins violeraient un certain nombre de conventions internationales signées par les USA. L’écoute de telles communications pourrait être utiles à condition de pouvoir récupérer les bandes en temps utile et de pouvoir trier les communications pour en extraire l’information utile.

Le sous-marin nucléaire sera officiellement admis au service actif au cours d’une cérémonie ce samedi à 11h, à la base sous-marine de New London, Connecticut. L’ancien président, ancien sous-marinier lui-même, assistera à la cérémonie.

Après ses essais à la mer, le sous-marin rejoindra son port d’attache de Bangor, dans l’état de Washington (côte Ouest des USA).

A bord
Un technicien travaille dans le central opérations

Les membres d’équipage du Jimmy Carter et les techniciens de Electric Boat travaillaient encore avec acharnement vendredi pour préparer le navire pour la cérémonie. Mais leur course ne s’arrêtera pas lorsque le secrétaire à la Navy, Gordon England, aura formellement accepté le sous-marin.

Le sous-marin est supposé respecter un calendrier très ambitieux selon lequel sa traversée de longue durée sera terminée au bout de six mois (au lieu d’un an), et il ne subira ensuite qu’une période de réparation de six semaines au lieu des 6 mois habituels. Il sera ensuite transféré à la base navale de Kitsap à Bangor.

“Il n’y a pas de place pour le moindre retard dans les prévisions,” indique le maître principal Shawn D. Burke, maître de central. “Ce sera serré, très serré. Le plus serré que j’ai jamais vu.”

“Nous avons un planning très exigeant, pas de doute la dessus,” répond le Capt. Robert D. “Don” Kelso, commandant du Jimmy Carter. “Il y a encore beaucoup de travail à faire avant que ce navire puisse aller en mer accomplir sa mission. Ce sera un challenge de réussir tout dans les temps, mais j’ai un excellent équipage, et nous réussirons.”

Contrairement à beaucoup d’autres sous-marins, le Jimmy Carter a en fait plus de bannettes que de membres d’équipage - 164 pour 151 - mais le sous-marin devrait emmener entre 25 et 30 “spécialistes de la recherche océanographique” pour la plupart des sorties, et il est conçu pour accueillir jusqu’à 60 membres des forces spéciales. Par conséquent, les marins les plus jeunes devront encore probablement dormir au-dessus des torpilles dans des bannettes temporaires (qui finiront par devenir définitives), voire de subir le système des "bannettes chaudes", quand trois marins dorment à tour de rôle dans 2 bannettes.

Référence :

India Daily