Les problèmes de conception du sous-marin nucléaire britannique HMS Astute ont conduit les marins à subir de “mauvaises conditions de vie”
en raison de locaux vie de petite taille et encombrés, selon un rapport secret rédigé par le ministère britannique de la défense.

Le rapport révèle que le nouveau sous-marin a moins de place pour la détente des sous-mariniers que les sous-marins construits il y a 45 ans.
Il souligne aussi le stress croissant provoqué par un manque chronique et empirant de sous-mariniers expérimentés.

Ces révélations jettent un nouvel éclairage sur les circonstances qui pourraient avoir contribué à la fusillade de vendredi dernier : le Lieutenant Commander Ian Molyneux a été tué et un autre sous-marinier, Chris Hodge, a été sérieusement blessé par un 3è membre de l’équipage le matelot Ryan Donovan, 22 ans. Selon certaines informations, il aurait été “furieux” d’avoir reçu l’ordre de repartir en mer à cause du manque de personnel, alors qu’on lui avait promis des permissions.

L’Astute était en mer depuis plus de 40 jours et doit à nouveau appareiller cette semaine pour de nouveaux essais, après une escale de 5 jours à Southampton.

Le rapport du ministère, dont le Herald Scotland a obtenu une version largement "expurgée", est une étude menée par de hauts responsables de la défense en 2009. Il s’agit d’un examen détaillé des problèmes de personnel qui affectent [le domaine du nucléaire embarqué].

Il conclut que l’un des problèmes qui doit être réglé est de « s’assurer que la qualité de vie de nos sous-mariniers est améliorée. »

Les prochains sous-marins « doivent prendre en compte les niveaux de vie, la qualité des distractions et du repos, » indique le rapport.

« Nous ne devons pas répéter l’étape rétrograde de la classe Astute, où les marins ont moins d’espace de vie qu’à bord du HMS Valiant, construit il y a 45 ans. » Les nouveaux sous-marins « devraient garantir la révision des niveaux de qualité de vie à bord et des imperfections afin d’éviter les erreurs commises avec la classe Astute ».

Parmi les recommandations, l’utilisation de l’espace devra être amélioré, les zones de repos et de travail nettement séparées et les marins devront pouvoir pénétrer dans toutes les zones opérationnelles.

Il faudra également de « disposer d’assez de douches et de toilettes pour répondre à la demande en période de pointe ».

L’Astute a dû rentrer au port de Faslane en février dernier, à cause d’une panne du système de traitement des eaux usées qui interdisait d’utiliser les toilettes.

Le rapport recommande aussi des mesures pour réduire les contraintes lorsque le sous-marin est à quai … il faut notamment « prendre en compte les affaires de soutien à terre et remettre en cause certaines règles qui y rendent la vie plus difficile à quai qu’à lamer ».

De même y constate-t-on « une altération sensible des compétences » à bord des SNA type « Astute ». « La reprise du programme nucléaire civil est une menace réelle [en matière de qualification nucléaire] tant dans la Royal Navy qu’au ministère de la Défense et cela pour les 10 à 15 ans à venir ».

Enfin, selon un rapport de 2009, les compromis adoptés deviennent intenables : « certains domaines sont [déficitaires en personnel], ceci entrainant une charge considérable sur les épaules d’un nombre réduit d’hommes-clés. Outre un déficit de 14% du personnel civil [expert en sûreté nucléaire il faut considérer un déficit de 7% des « chefs énergie ». Ces derniers voient leurs passages à terre réduits, tandis que dans d’autre domaines, on s’en tient à la gestion des trous.

Par ailleurs, un porte-parole du ministère souligne que , "compte tenu de l’enquête policière en cours, il n’est pas sain d’épiloguer [sur ces problèmes] et à ce stade",

Enfin, de source marine, on précise que « si le logement à bord de l’Astute est austère, il est en accord avec ce que tout marin rencontre quand il est à la mer ; il n’y rien d’inhabituel à bord de l’Astute qui est un sacré sous-marin ; nous sommes tous rompus au travail et à la vie en espaces restreints et les gars embarqués n’ont pas à s’attendre à quelque chose d’autre ».

Référence :

Herald Scotland (Grande-Bretagne)