Navantia a camouflé dans son rapport annuel 2012 les problèmes de sur-poids et d’erreur de conception de son nouveau sous-marin S-80. Alors que la compagnie espagnole avait déjà connaissance de la problématique compliquée de son nouveau joyau de la couronne, elle a caché ce contre-temps dans son rapport annuel et a évité de donner des données révélatrices.

Quand le document a été approuvé, les comptes ont été signés le 14 mars 2012, la compagnie connaissait déjà le problème. De fait, il a été dévoilé au public en mai. Le problème doit entrainer une modification du sous-marin et le retard de livraison du 1er exemplaire.

 Provisions et impondérables

Mais Navantia a essayé de le cacher jusqu’au dernier moment. Dans son rapport annuel 2012, dans le paragraphe consacré aux provisions et impondérables, elle aborde le problème avec ce texte elliptique : « Fruit de ce suivi des travaux en cours, la compagnie estime que l’un de ces travaux souffre d’un dépassement prévisible et significatif des couts par rapport au budget initial. » Ce texte fait clairement référence aux problèmes du S-80 sans le citer expressément.

Plus loin, elle ajoute que le retard possible « a été porté à la connaissance du client (le ministère de la défense, mais elle ne le dit pas) à qui elle a demandé de revoir les aspects principaux du contrat, et celui-ci a accepté. »

 Information classifiée

Interrogé sur cette présentation si ambigüe, un porte-parole officiel de Navantia justifie le contenu du rapport annuel en expliquant « qu’il s’agit d’informations classifiées et qu’on ne peut donner plus de détails dans un document public. » Le conseiller juridique de l’entreprise publique ajoute que cela se fait habituellement quand il s’agit d’un document aussi délicat.

Référence :

El Economista (Espagne)