Un accord de coopération militaire au contenu confidentiel, signé entre la France et le Brésil, rapproche le gouvernement Brésilien de la technologie Française de sous-marin nucléaire. Une "lettre d’intention de relations militaires de défense" a été signé en juin àParis, par le ministre de l’époque Waldir Pires, qui a été remplacé par Nelson Jobim.

Waldir Pires, ancien ministre de la défense, a signé l’accord pour le côté Brésilien
© Antonio Cruz / Agência Brasil

Le 19 juin à 15 h 45, Pires a été reçu pendant 40 minutes par le ministre Français de la défense, Hervé Morin. Terra Magazine a appris que l’accord rend possible l’échange d’informations militaires et l’acquisition progressive des technologies nécessaires à la construction d’un sous-marin nucléaire.

Trois technologies possibles étaient en compétition : la française, l’américaine et la russe (la chinoise n’est pas à vendre).

Le Brésil a les capacités nécessaires pour enrichir l’uranium, mais il a besoin d’effectuer des recherches pour la construction de la coque qui doit résister à des profondeurs importantes. Les sous-marins Brésiliens actuels sont classiques, de conception Allemande, sans propulsion nucléaire.

Les négociations se sont approfondies après la visite de l’ancien président Jacques Chirac au Brésil en mai 2006. A cette époque, le ministre Français de la défense Michèle Alliot-Marie a participé à une réunion au ministère de la défense. Pires a rendu la visite à Paris. Ce n’est pas, par conséquent, le résultat d’une relation personnelle ou d’une réponse au geste récent du Président Français, Nicolas Sarkozy. A peine élu, Sarkozy a défendu l’entrée du Brésil au conseil de sécurité de l’ONU.

La frontière du Brésil avec la Guyane Française, département d’Outre-Mer, augmente l’intérêt de la France pour des coopérations militaires dans l’Atlantique Sud.

Le 10 juillet dernier, depuis le Centre d’Essai de Aramar, à Iperó (état de Sao Paulo), le Président Brésilien Lula a annoncé l’investissement de 1,04 milliard de réales (386 millions d’€), sur 8 ans, pour le programme d’enrichissement d’uranium à l’échelle industrielle, prenant en compte une partie des demandes des militaires.

Ancienne revendication du commandement de la Marine pour la défense du territoire maritime Brésilien, la propulsion nucléaire augmente l’autonomie du sous-marin. Le modèle classique (à propulsion diesel) doit remonter en surface toutes les 72 heures. Le sous-marin nucléaire peut rester en plongée pendant des mois, ce qui accroit la sécurité de la surveillance de la plateforme maritime.

Défense maritime

En juin, après la signature, le ministre de l’époque, Waldir Pires, avait déclaré que “l’objectif était de terminer rapidement la négociation de l’accord de coopération de défense et le cadre des forces armées des 2 pays, intensifiant le dialogue sur des sujets d’intérêt commun dans le domaine des hautes technologies”.

Lorsque le journal la lui a demandée, le secrétariat du ministère Brésilien de la défense n’a pas fourni une copie de l’accord parce que son contenu n’est pas encore public. En tant que lettre d’intention, elle ne représente pas une position définitive, mais elle montre la direction du vent dans l’acquisition des technologies nécessaires en ce qui concerne l’avancée du projet Brésilien de sous-marin à propulsion nucléaire.

L'analyse de la rédaction :

Contacté par mes soins, le ministère Français de la défense a répondu que : “la France n’exporte pas de technologies nucléaires†.

Référence :

Terra Magazine (Brésil)