D’ici la fin de l’année, 3 des 4 sous-marins canadiens de la classe Victoria seront opérationnels.

Mais certains s’interrogent : le Canada dispose-t-il du personnel pour les faire naviguer ? La réparation des sous-marins vaut-elle la peine ?

Le HMCS Victoria, qui était à quai depuis 2005, a été déclaré opérationnel l’an dernier, après avoir coulé un navire désarmé par l’US Navy, lors d’un essai de torpilles.

Le HMCS Windsor, à quai depuis 2007, a déjà commencé des essais à Halifax. En novembre dernier, il a effectué une plongée statique dans le port, et il a effectué sa première sortie en mer en décembre.

Le HMCS Chicoutimi, à bord duquel un officier est mort lors d’un incendie en 2004, subit actuellement des travaux intensifs. Le ministère de la défense indique que les réparations en cours au chantier de Victoria (Colombie Britannique) seront terminées cette année.

« Des maintenances lourdes sont effectuées sur plus de 200 systèmes, » explique un porte-parole du ministère, Jocelyn Sweet. « Donc, absolument tout est examiné et est soit remplacé, contrôlé ou réparé. »

Avec 3 des 4 sous-marins opérationnels, le ministère canadien de la défense considère qu’il aura un « état stable » d’opérations.

Le 4è sous-marin, le HMCS Corner Brook, s’était échoué lors d’un essai l’an dernier. Il subira des réparations jusqu’en 2016.

Mais certains spécialistes expliquent que c’est un gaspillage que de réparer les sous-marins, achetés d’occasion à la Royal Navy en 1998.

Depuis qu’ils naviguent en 2003, les sous-marins n’ont navigué au total que 1.083 jours. Rapporté au nombre de jours de mer, la facture — achat, remise en état, réparations, entretien — s’élève à plus de 700.000 $ par jour de mer

De son côté, le ministère de la défense explique que les sous-marins seront utilisés pour différentes missions : patrouilles, recueil de renseignements et dissuasion.

Alors qu’ils pourraient devenir opérationnels bientôt, certains se demandent si le Canada a toujours le personnel nécessaire pour faire naviguer 3 sous-marins après des années de capacité très limitée de navigation.

En novembre 2011, le vice-amiral Paul Maddison, commandant de la marine royale canadienne, avait reconnu que le nombre de sous-mariniers actifs et disponibles pour naviguer, était tombé à seulement 80 contre 300 auparavant. Un rapport interne publié au début 2012 s’inquiétait de la capacité de la marine à former à temps suffisamment de personnel.

En avril dernier, le ministre de la défense, Peter MacKay, avait indiqué que la marine disposait de 278 sous-mariniers, et que 60 supplémentaires étaient en formation.

Vendredi dernier, la marine n’a pas répondu à une demande pour le chiffre mis à jour.

Référence :

Chronicle Herald (Canada)