Confiant malgré la montée des critiques liées aux dépassements de budget et de calendrier pour la construction de 6 sous-marins Scorpène pour la marine indienne, le chantier public indien Mazagaon Dock Limited (MDL) préférerait que la marine indienne retienne des Scorpène plus grands pour son prochain projet.

« La décision de choisir le type de sous-marins appartient aux autorités de New Delhi, basée sur leurs besoins et leurs spécifications. Je ne peux réellement pas faire de commentaires sur ce sujet. Mais en tant que constructeur de sous-marin, je pense que nous mettrions formidablement à profit nos compétences et notre expertise, que nous avons acquis avec la construction des sous-marins Scorpène, si nous menions la construction d’un type de sous-marins similaires. Cela nous rendrait certainement heureux, » a déclaré le vice-amiral H.S. Malhi, président et directeur exécutif du chantier naval MDL.

« L’argent investi dans les transferts de technologies pour les sous-marins Scorpène actuellement, serait bien utilisé si nous construisons des sous-marins similaires, des Scorpène Plus, » a jouté M. Malhi.

Alors que le nombre de ses sous-marins va en diminuant, la marine indienne a demandé l’an dernier des informations sur des sous-marins classiques plus grands, avec des capacités d’attaque et de furtivité accrues, ainsi qu’une autonomie supérieure. On attend prochainement un appel d’offres à ce sujet. Deux sous-marins seraient construits dans le chantier naval du constructeur retenu, et les 4 restants seraient répartis entre 2 chantiers navals indiens.

M. Malhi a précisé qu’il n’y avait eu aucune indication officielle que le chantier MDL ait été retenu par le Defence Acquisition Council (DAC) pour construire 3 de ces sous-marins. Pour lui, cependant, le chantier MDL « serait le choix naturel puisqu’il construit 6 Scorpène. » Selon certaines informations, un autre chantier naval public, Hindustan Shipyard Limited (HSL) de Visakhapatnam, construirait le 4è.

Il faut mettre au crédit du chantier MDL, souligne M. Malhi, que les installations et le matériel allemand, utilisé dans les années 80-90 pour la construction de sous-marins de HDW, aient été adaptées pour celle des Scorpène français. Donc, si la marine indienne choisit un autre type de sous-marin que le Scorpène, le chantier naval devrait reconfigurer à nouveau toutes ses installations puisque un sous-marin différent utilise des aciers différents et des techniques de soudure différentes. Cela entrainerait aussi des problèmes de jeunesse comme la difficulté d’absorber de nouvelles technologies.

« Comme les équipements et les technologies pour deux types de sous-marins, sont différentes, les compétences nécessaires pour les construire sont aussi différentes. Pour la construction de la coque épaisse, MDL est très bien considéré. Et notre collaborateur français dit, pas complètement pour rire, que cela ne leur poserait pas de problème que nous construisions la coque épaisse des sous-marins qu’ils vont construire pour le Brésil, » indique M. Malhi.

Référence :

The Hindu (Inde)