Un avocat parisien qui prétend que le HMS Turbulent, un sous-marin nucléaire d’attaque britannique est responsable du naufrage d’un chalutier breton et de la mort de ses 5 membres d’équipage, a accusé son ancien commandant et un ministre du Gouvernement d’avoir menti à la police et au Parlement.

Dominique Tricaud représente Thierry le Metayer, qui a perdu son père Georges lorsque le Bugaled Breizh a coulé au large du cap Lizard en janvier 2004.

Lui et son client ont été reçu vendredi par le juge d’instruction dans le cadre d’une enquête pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger.

Le sous-marin nucléaire d’attaque avait d’abord été accusé d’avoir coulé le Bugaled Breizh par 2 journalistes d’investigation qui avaient présent un message de l’OTAN, qui, selon eux, impliquait que le HMS Turbulent était en mer au moment de l’accident.

Mais la Royal Navy a toujours maintenu que le Turbulent était à quai à Devonport au moment où le Bugaled a coulé et a toujours démenti les accusations françaises, qu’un de ses sous-marins avait entrainé le chalutier vers le fond, pendant un exercice militaire.

S’exprimant vendredi lors d’une conférence de presse, M. Tricaud a demandé que Andrew Coles, le commandant de l’époque du HMS Turbulent, soit mis en examen et transféré en France pour y être interrogé.

Il a aussi prétendu que le Cdr Coles et Adam Ingram, le ministre des Forces Armées de l’époque, qui avait répété la version des événements selon la Royal Navy lors de questions parlementaires en 2007, « d’avoir menti ».

M. Tricaud a déclaré aux journalistes que son enquête de 2 ans et demi avait permis de réunir des « preuves » que le Turbulent n’était pas à quai à Plymouth le jour de la tragédie, mais dans la zone du cap Lizard.

Il a prétendu avoir entendu un deuxième témoin qui a entendu un message radio envoyé par le sous-marin peu après l’accident dans lequel il disait avoir subi des dommages et qu’il rentrait au port.

L’avocat et son client prétendent avoir entendu un témoin français qui, selon eux, a entendu une récente « confession » faite par le Cdr Coles dans laquelle il aurait reconnu s’être pris dans le chalut du Bugaled et l’avoir entraîné vers le fond.

Il a déclaré : « Nous avons un témoin direct qui a entendu le Cdr Coles reconnaitre que son sous-marin était responsable. Nous ne pouvons pas dire si et quand le témoin répétera son histoire aux juges d’instruction. »

M. Le Metayer a ajouté qu’il était convaincu « à 100% » que le Turbulent était impliqué dans l’accident.

« Moi et les autres membres en deuil des familles de l’équipage disparu du Bugaled n’abandonnerons pas notre quête de la vérité, » a-t-il déclaré.

Réaction du ministère britannique de la défense

Un porte-parole du ministère britannique de la défense a déclaré : « Toute information visant à impliquer un sous-marin de la Royal Navy dans la perte du chalutier français Bugaled Breizh est absolument infondée ».

« Les accusations portées à l’encontre du Cdr Andy Colles qui — en tant que commandant du HMS Turbulent — pourrait être impliqué dans ce naufrage, sont incorrectes puisque le sous-marin était à quai à Devonport toute la journée du 15 janvier 2004. A l’époque, la Royal Navy avait fourni une coopération sans précédent à l’enquête exhaustive [conduite par la justice française], laquelle était sans ambiguïté quant à la cause de l’accident. »

M. Tricaud a indiqué que le juge d’instruction arrêterait sa décision quant à l’éventuelle mise en examen du Cdr Coles vers la fin septembre.

Référence :

This is Plymouth (Grande-Bretagne)