Une étude des récents achats effectués par les marines d’Asie du Sud-Est montrent que les sous-marins sont en tête de leurs listes d’achat. La Thaïlande et les Philippines envisagent tous 2 d’ajouter des sous-marins à leurs flottes.

La Thaïlande prévoit d’acheter 6 anciens sous-marins U-206 allemands. Malgré des critiques internes contre ce projet, Bangkok pense que les 257 millions US$ seront de l’argent bien dépensé.

La marine thaïlandaise explique que les sous-marins sont nécessaires pour patrouiller en mer d’Andaman et dans le golfe de Thaïlande, et rattraper son retard sur les marines voisines qui se modernisent.

Les Philippines ont récemment annoncé le projet, baptisé « Sail Plan 2020 », d’acheter, entre autres matériels, un sous-marin. Bien que les problèmes financiers aient retardé le projet, les tensions apparues récemment en mer de Chine méridionale pourraient renforcer le soutien interne à ce projet.

Suite à ses tensions maritimes en mer de Chine méridionale, le Vietnam a décidé en décembre 2009 d’acheter 6 sous-marins de la classe Kilo à la Russie. La livraison des sous-marins commencera en 2014 et renforcera fortement la capacité de Hanoï à surveiller les activités dans la zone en conflit.

Les motifs et le calendrier de ces différents achats ont conduit certains à croire que la région se serait lancée dans une sorte de course aux armements navals.

L’Indonésie a acheté des sous-marins au début des années 60 et dans les années 80. Il a fallu attendre 1995 avant qu’un 2è pays, Singapour, achète des sous-marins à la Suède.

La Malaisie a suivi en 2002 avec 2 Scorpène achetés à la France, soi-disant en réaction à l’achat fait par Singapour.

Récemment, la Thaïlande, le Vietnam et les Philippines ont annoncé leurs achats presque simultanément.

D’ici une dizaine d’années, en Asie du Sud-Est, il y aura au moins 6 pays disposant de sous-marins. Si cette tendance devait se maintenir, cela serait sans précédent dans le développement des marines de la région.

Non seulement les eaux deviennent de plus en plus peuplées, mais cela pourrait aussi avoir des conséquences malheureuses pour la sécurité maritime de la région.

Les sous-marins diffèrent des bâtiments de surface dans leur objectif et dans la manière dont ils sont employés. Un bâtiment de surface n’est pas seulement conçu pour l’attaque, il peut aussi mener des missions de lutte contre la piraterie, assurer la protection de l’environnement ou participer à des missions de maintien de la paix.

Au contraire, un sous-marin n’a rien d’autre à faire que de couler des navires, en particulier lorsqu’il s’agit d’un sous-marin classique, à propulsion diesel-électrique.

Le sous-marin classique est le seul type de sous-marin actuellement acheté par 6 marines d’Asie du Sud-Est.

Armés de torpilles et de missiles de croisière anti-navires, les sous-marins classiques peuvent couler des bâtiments ennemis en mer tout en restant en plongée.

Ils peuvent aussi assurer des missions de soutien aux opérations spéciales, comme débarquer discrètement des commandos, poser des mines ou mener des missions de renseignement dans ou près des eaux ennemies.

Les sous-marins classiques peuvent assurer ces missions grâce à leur discrétion. La discrétion est une question de vie ou de mort pour les sous-mariniers, et permet à un sous-marin de pénétrer discrètement dans les eaux ennemies et d’y faire ce qu’ils veulent sans être repéré.

Néanmoins, la discrétion est aussi le talon d’Achille du sous-marin. Une fois qu’il a été détecté, un sous-marin est vulnérable aux attaques par des avions, des bâtiments de surface ou d’autres sous-marins.

La discrétion des sous-marins a récemment été améliorée, grâce aux systèmes de propulsion anaérobie (AIP), qui permettent aux sous-marins de rester en plongée plus longtemps.

Les sous-marins non équipés d’AIP peuvent rester en plongée de 3 à 5 jours.

Avec un système AIP, cependant, un sous-marin peut rester en plongée pendant des semaines d’affilé. Les sous-marins Scorpène de la Malaisie et les Vastergotland de Singapour sont connus pour être équipés de systèmes AIP.

Par conséquent, les sous-marins classiques sont en effet très attractifs, constituant une arme efficace contre des marines plus puissantes et disponibles à un prix abordable. Ils peuvent fortement limiter le rayon d’action et la mobilité des bâtiments de surface, qui craignent d’être coulés.

Comme les sous-marins peuvent être déployés en secret dans des eaux en conflit pour surveiller ce qui s’y passe, sans être détectés, ils sont moins susceptibles de générer des tensions souvent associées au déploiement de bâtiments de surface. En cas de conflit, ils peuvent aussi être chargés de protéger les voies de communication des bâtiments ennemis ou belligérants.

D’autre côté, ils peuvent facilement entraîner des erreurs de perception ou de calcul.

Un sous-marin qui serait repéré naviguant dans des eaux en conflit ou étrangères, sera considéré comme ayant l’intention évident de mener des activités au détriment de l’autre partie.

Clairement, la série d’achats de sous-marins dans la région est l’indication de l’existence de tension inter-états dans le domaine maritime.

Référence :

AsiaOne (Singapour)