Dans le domaine de la technologie des missiles, le Defence Research and Development Organisation (DRDO) a démontré le 26 février dernier qu’il avait acquis la capacité de lancer en plongée des missiles balistiques.

Ce jour-là, un missile balistique baptisé Sagarika, ou K-15, a été lancé depuis un ponton immergé à une profonderu de 50 m dans le golfe du Bengale, au large de Visakhapatnam, dans la province d’Andhra Pradesh. Après avoir atteint la surface, il a atteint sa cible à plus de 700 km. Le ponton représentait les conditions de lancement depuis un sous-marin.

L’Inde a rejoint le club très select des pays qui disposent de la capacité de lancer des missiles en plongée (USA, Russie, Grande-Bretagne, France et Chine). Lorsque le lancement a été annoncé, rien n’indiquait que d’autres essais du missile Sagarika avaient déjà été effectués. Pourtant, il s’agissait du 5è essai depuis un ponton immergé et, selon le DRDO, les 5 ont été “réussis”. Alors que les 4 précédents avaient été gardés secrets, le DRDO n’a pas fait de mystère en révélant la date du 5è lancement. Le missile Sagarika est un missile balistique mer-sol qui peut transporter des têtes nucléaires.

Si les choses se déroulent comme prévu, dans environ 2 ans, l’Inde lancera le missile Sagarika depuis un sous-marin modifié pour cela et ensuite depuis le sous-marin à propulsion nucléaire en construction à Visakhapatnam et à Kalpakkam, état du Tamil Nadu.

L’amiral Sureesh Mehta, le chef d’état-major de la marine Indienne, a déclaré en décembre 2007 que le sous-marin ATV (pour Advanced Technology Vessel, navire à technologie avancée) serait prêt pour ses essais à la mer dans 2 ans.

Le Sagarika a été conçu au bureau d’études des missiles du DRDO à Hyderabad. Le Sagarika est un missile souple qui peut être lancé depuis plusieurs plateformes : sous-marins, silos à terre et lanceurs mobiles. Il mesure 6,5 m de long et pèse environ 7 tonnes. Il peut emporter des têtes nucléaires pesant jusqu’à 600 kg. Selon une autre version, il mesurerait 10 m de long. Il s’agit d’un missile à un seul étage propulsé par des propulseurs à poudre. Les responsables du DRDO le décrivent comme “léger et court”. Il a été miniaturisé. Lorsque son propulseur sous-marin l’a fait sortir de l’eau, son puissant propulseur aérien s’allume et peut l’emmener à plus de 700 km.

Le jour du lancement, il n’y avait personne à bord du ponton. Un navire de surface était positionné à plusieurs km, et les systèmes de contrôle et de lancement étaient placés sur ce navire, qui était relié au ponton par un câble sous-marin et par communication sans fil. Donc le lancement d’essai était une opération télécommandée.

Référence :

The Hindu (Inde)