Sur les 4 accidents survenus cette année au sein de l’US Navy, et qui ont entrainé une revue générale des performances maritimes de base au sein de toute la flotte de surface, la collision entre le croiseur Lake Champlain et un bateau de pêche sud-coréen est celle qui a le moins attiré l’attention. Contrairement à celles survenues cet été impliquant les destroyers Fitzgerald et John S. McCain, qui ont fait au total 17 morts, personne n’a été tué ou blessé dans l’incident du 9 mai dernier. Elle n’est pas non plus survenue dans un endroit emblématique comme l’échouage du croiseur Antietam en janvier dans la baie de Tokyo.

Contrairement aux autres commandants (Antietam, Fitzgerald et McCain), celui du Lake Champlain n’a pas été démis de ses fonctions. Il a transmis le commandement en septembre lors d’une cérémonie normale.

Le commandant à l’époque des faits, le Capt. Chris Cegielski, ainsi que le commandant en second et des marins de l’équipe de veille, ont reçu des sanctions administratives après la collision, ont indiqué le mois dernier des responsables de la Navy mais sans vouloir donner plus de détails.

Le rapport sur la revue de sécurité comprend le premier récit public concernant la collision du Lake Champlain. Là aussi, des erreurs commises par les marins sont à nouveau citées comme la cause de l’incident.

« La collision est survenue parce qu’une équipe de veille en passerelle inexpérimentée n’a pas respecté les règles de navigation et n’a pas pris les mesures adaptées pour éviter la collision, » indique le rapport.

Le 9 mai, le Lake Champlain escortait un porte-avions. Le Nam Yang 502, un bateau de pêche sud-coréen, naviguait dans la même zone et était surveillé par les marins du Lake Champlain.

Mais le suivi du navire était imprécis à cause de la mauvaise utilisation du radar et du non-fonctionnement du radar de secours, explique le rapport.

L’équipe de veille en passerelle et les autres équipes de quart communiquaient de façon indisciplinée et ne se sont pas coordonnés en ce qui concerne la sécurité des manœuvre prévues.

« Lorsqu’il a changé de route pour conserver sa position par rapport au porte-avions escorté, l’USS Lake Champlain a tourné devant le bateau de pêche sans se rendre compte du risque de collision, » indique le rapport. « L’équipe de veille en passerelle a été lente à réagir, a exécuté des mesures inappropriées et au mauvais moment dans une tentative d’éviter la collision. » Le Nam Yang 502 a heurté le Lake Champlain sur bâbord.

Alors que les rapports rendus public sur les collisions du Fitzgerald et du McCain ne traitent pas du rôle joué par les navires de commerce impliqués, le rapport sur la revue de sécurité rend responsable en partie le Nam Yang 502.

« Quelques minutes avant la collision, l’équipe de passerelle de l’USS Lake Champlain a tenté d’entrer en contact par radio avec le Nam Yang 502 et a dans le même temps retentir sa corne de brume, » explique le rapport. « Le système GPS et la radio du Nam Yang ne fonctionnaient pas correctement. De plus, le Nam Yang n’a pas essayé d’appeler l’USS Lake Champlain, ou pris de mesure immédiate pour éviter la collision. »

Référence :

Navy Times (Etats-Unis)