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Malgré la fusion des services historiques de la défense, ses archives resteront à Vincennes.
Coup de téléphone au pavillon de la Reine du château de Vincennes : « Amiral, est-ce que vous avez les actes de propriété de l’île Tromelin ? » Au Service historique de la Marine (SHM), la mécanique se met en marche. Il faut trouver le document prouvant que cet îlot de l’océan Indien appartient bien à la France et que les pêcheurs japonais doivent aller jeter leurs filets ailleurs.
« Rien qu’ici, nous avons 15 kilomètres d’archives, explique le contre-amiral Alain Bellot, qui commande le SHM de son bureau installé dans l’ancienne chambre d’Anne d’Autriche. Avec les archives conservées dans les cinq ports [1], cela représente 51 kilomètres ! Ajoutez 320 000 livres, c’est-à-dire la plus grande bibliothèque maritime d’Europe, 70 000 cartes anciennes et 200 000 dossiers personnels d’officiers. » Le pavillon de la Reine abrite également des archives privées confiées à la Marine, comme celles de l’amiral Darlan (ex-numéro 2 de Vichy) ou du commandant d’Estienne d’Orves, l’un des premiers résistants fusillés par les Allemands.
Le SHM est la mémoire de la Marine, dont les archives les plus anciennes remontent au XVIe siècle. Avec ses homologues des autres armées comme le Service historique de l’armée de terre, installé juste en face, dans le pavillon du Roi, le SHM va être fusionné au sein d’un grand service historique de la défense.
Il s’agit de faire des économies, en particulier de personnel. « L’année dernière, j’avais 150 personnes. Je n’en ai plus que 112 », regrette l’amiral Bellot. Essentiellement des civils, dont des enseignants détachés de l’Education nationale et des conservateurs du Patrimoine. Toutes les archives de la Marine ne sont pas accessibles au public. Comme les autres archives publiques, elles relèvent de la loi de 1979. « En général, il faut attendre soixante ans, et parfois cent vingt ans pour les dossiers personnels, même si de plus en plus de documents sont déclassifiés avant, indique l’amiral. Mais nous accordons des dérogations, décidées en dernier recours par le cabinet du ministère de la Défense. En 2004, nous avons eu 146 demandes et seulement 7 refus. »
Ceux-ci sont en général justifiés par la protection de la vie privée des personnes citées dans les documents. Mais pas seulement. Les archives de la Marine possèdent une chambre forte discrète où sont stockés 85 000 documents, certains dans des coffres-forts.
« Les seules personnes qui y ont accès doivent être habilitées au très- secret-défense. Ce sont des documents sur le nucléaire ou les armes chimiques. S’ils étaient ouverts au public, ils pourraient être utilisés pour la prolifération des armes de destruction massive », assure Alain Bellot, lui-même ancien commandant de sous-marin nucléaire.
Chaque année, 6 000 personnes fréquentent les salles de lecture du SHM. Le service répond aussi gratuitement à près de 25 000 courriers. Des recherches généalogiques ou universitaires, même si l’histoire maritime reste modeste en France. « Il y a seulement quinze professeurs d’université spécialistes », constate Alain Bellot. Les curieux sont plus nombreux. Au hasard du courrier, cette lettre : « Pourquoi dit-on "amiral" et pas "mon amiral" ? » Après consultation des archives, personne n’est encore vraiment sûr de la réponse.
Par Jean-Dominique MERCHET
[1] Cherbourg, Brest, Lorient, Rochefort et Toulon.
Libération
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