La carte électronique utilisée par le chasseur de mines américain Guardian pour naviguer autour des Philippines contenait une erreur d’environ 8 nautiques sur la position d’un récif. Cette erreur pourrait être un facteur significatif expliquant l’échouement du navire sur le récif le 17 janvier.

Le 18 janvier, des navires de l’US Navy ont reçu l’ordre “d’utiliser avec précaution” les cartes électroniques et de comparer leurs données avec les cartes papier, considérées comme précises.

Le Guardian s’était échoué sur le récif Tubbataha, dans la mer de Sulu, vers 2:25 du matin le 17 janvier. Le récif se trouve à environ 80 nautique à l’est-sud-est de l’île de Palawan.

Une erreur dans la carte ?

La carte électronique utilisée par le Guardian et par la plupart des navires de l’US Navy sont produites par la National Geospatial-Intelligence Agency (NGA), un service largement secret.

Les cartes électroniques existent en plusieurs versions. Les versions “général” et “côtière” sont utilisées en haute-mer comme la mer de Sulu, et les versions “approche” et “port” sont utilisées pour la navigation dans et autour des ports. Selon une note de la NGA envoyée le 18 janvier à l’US Navy, l’erreur apparait dans la version “côtière”, apparemment utilisée par le Guardian au moment de l’échouement.

La carte “général” et les cartes papier montrent la position correcte du récif, indique la NGAd.

Letitia Long, la directrice de l’agence, a informé l’US Navy que la version “côtière” serait corrigée d’ici le 30 janvier et conseille aux navires de ne pas utiliser d’ici là les cartes de la mer de Sulu.

Le chef navigateur de la Navy a poussé les choses un peu plus loin, en conseillant dans un message envoyé le 18 janvier aux navires « d’utiliser les cartes électroniques (version “côtière”) fournies par la NGA, en raison d’une erreur identifiée dans la précision de la cartographie dans la mer de Sulu. »

Le contre-amiral Jonathan White précise qu’une analyse préliminaire de l’erreur indique qu’elle « résulte d’une correction géographique incorrecte de l’imagerie satellite utilisée pour construire » pour la version “côtière” des cartes électroniques.

« La NGA n’a pas trouvé d’autres erreurs, mais elle mène actuellement une revue complète de ses données sources, » précise l’amiral White.

Il avertit les navires de l’US Navy « de comparer les cartes électroniques avec les cartes papier et de ne pas s’appuyer sur une source unique pour les données de navigation. »

Un responsable de l’US Navy a précisé que, même si une erreur dans la carte électronique peut avoir contribué à l’accident, l’enquête se poursuit.

Référence :

Navy Times (Etats-Unis)