Les sous-marins australiens de la classe Collins seraient presque certainement coulés s’ils étaient envoyés au combat contre les sous-marins modernes qui seront opérationnels en Asie du Sud-Est dans les années 2020, explique l’homme qui les a construits.

Hans Ohff, directeur exécutif et PDG de l’Australian Submarine Corporation lorsque les sous-marins de la Collins ont été construits, a expliqué que l’idée que les sous-marins puissent être maintenus en service jusqu’en 2035, est absurde.

M. Ohff a supervisé la construction et la livraison des 6 sous-marins entre 1996 et 2003.

Il soutient aussi que les déclarations récentes du PDG actuel d’Australian Submarine Corporation, Steve Ludlam, selon qui les sous-marins pourraient être maintenus en service sans de nouveaux moteurs, est une pure fantaisie.

PDG d’Australian Submarine Corporation de 1978 à 1992 et président des services d’ingéniérie d’Australian Submarine Corporation jusqu’en 2002, M. Ohff indique que, si les Collins étaient à la pointe à l’époque de leur conception, dans les années 80, ils ont depuis été dépassés par 3 générations de nouveaux sous-marins.

« Je suis très fier de ce que nous avons réussi avec les Collins. Mais si l’un d’entre eux était opposé à un sous-marin moderne comme le U-209 ou le U-214 allemand, je préférerais être à bord de ces derniers, » indique-t-il. « En 2035, vous pourrez tout aussi bien les laisser à quai. Ils seraient coulés s’ils prenaient la mer. »

M. Ohff soutient l’option d’un achat d’un modèle de sous-marin existant, en partenariat avec un constructeur européen. Si les futurs sous-marins ne peuvent être construits à Adelaide pour moins d’1,5 milliard $ pièce, alors ils devraient être construits à l’étranger.

Les sous-marins australiens les plus performants, les O’Brien qui ont été en service de 1967 à 2000, avaient été achetés à l’étranger.

M. Ohff assimile l’idée d’essayer de conserver pendant 23 ans les diesel notoirement peu fiables des Collins, à la conservation d’une voiture de collection.

« Les Collins, depuis le début, n’ont pas eu les diesel qu’ils auraient dû avoir. Les moteurs ne sont pas adaptés pour un sous-marin, » explique-t-il. « Vous pourriez utiliser les diesel pour encore 100 ans, mais ils ne seront jamais la meilleure solution — ils seront toujours moins silencieux et moins fiables qu’ils le devraient. Ca ne serait pas efficace. » Il refroidit les ardeurs de l’Australian Submarine Corporation et des ministres Stephen Smith et Kim Carr, visant à maintenir les Collins en service jusqu’en 2035, afin de permettre le développement d’un “Collins amélioré” qui serait conçu et construit en Australie.

L’Australian Submarine Corporation milite fortement pour cette solution, même si on ignore si la prolongation de la vie des Collins est possible, ce que cela couterait et combien de temps cela prendrait.

Pour M. Ohff, un “Collins amélioré” bloquerait l’Australie dans des principes de conception dépassés.

« La conception des Collins n’est pas assez flexible, » explique-t-il.

Le futur sous-marin devrait déplacer environ 3.500 t, disposer d’une propulsion anaérobie, des dernières évolutions dans le dessin de sa coque, les technologies de ses moteurs et de ses senseurs.

M. Ohff indique que les nouveaux sous-marins devraient être basés sur un concept européen actuel, comme l’U-214, et pourrait être construit en Australie pour environ 1,5 milliard $ pièce.

Référence :

Camberra Times (Australie)