Le fils d’un pêcheur français a accusé le commandant d’un sous-marin nucléaire britannique, héros de la guerre en Irak, d’avoir tué son père et 4 de ses collègues en coulant accidentellement leur chalutier pendant des exercices.

Thierry Le Métayer a perdu son père Georges, mécanicien à bord du Bugaled-Breizh, lorsque le chalutier a coulé mystérieusement par beau temps le 15 janvier 2004 au large du Cap Lizard, près du point le plus au sud de la terre britannique.

Il prétend avoir la « preuve » que le HMS Turbulent a provoqué la mort des pêcheurs après accroché les câbles du filet et entrainé le chalutier sous l’eau.

A l’époque, le commandant du sous-marin d’attaque était Andy Coles.

En plus de prétendre disposer de documents écrits, M. Le Métatyer a déclaré au quotidien régional Le Télégramme qu’il était en contact avec un témoin devant qui le Commander Coles avait « reconnu » avoir provoqué l’accident. M. Le Métayer a indiqué qu’il avait l’intention de demander sa mise en examen.

Le Commander Coles a été fait Officier de l’Empire Britannique en 2005, 2 ans après avoir bombardé l’Irak avec des missiles de croisière depuis le HMS Turbulent, pendant la Guerre en Irak.

Mais il semble qu’il doive passer en Cour Martiale d’ici la fin de l’année pour avoir échoué le HMS Astute, le sous-marin le plus moderne au monde, sur des rochers au large de l’Ecosse en octobre dernier, provoquant un embarras considérable pour les chefs de la Royal Navy.

Il a été relevé de son commandement le mois suivant et, s’il est jugé coupable, il pourrait être renvoyé de la Royal Navy.

Le Commander Coles aurait soi-disant reconnu avoir commis de précédentes « actions limites », faisant naviguer le sous-marin par mauvais temps contre les avis, et qu’il devenait trop vieux pour son métier.

Deux séries d’exercice se déroulaient au moment où le Bugaled-Breizh a coulé : un exercice de l’OTAN baptisé Aswex 04 et un de la Royal Navy surnommé Thursday War.

L’avocat de M. Le Métayer a indiqué qu’il allait présenter les nouvelles preuves supposées aux 2 juges d’instruction dans les prochaines semaines, mais a refusé de confirmer la nationalité du sous-marin impliqué.

Il n’est pas clair si le « témoin » est la même personne citée dans un article paru en décembre dernier dans Le Marin. Ce témoin anonyme, qui pourrait être un officier sous-marinier en retraite, a déclaré au Marin qu’il avait entendu un message radio du Turbulent, quelques heures après le naufrage, dans lequel le commandant déclarait clairement qu’il retournait à sa base après avoir subi des dégâts à son sous-marin.

La source prétendait que le Turbulent poursuivait le sous-marin français Rubis pendant l’exercice.

Malgré les déclarations françaises, des sources de la Royal Navy maintiennent que le HMS Turbulent se trouvait bien à quai à Devonport, à quelques 150 nautiques de l’endroit où s’est produit l’accident.

Le sous-marin le plus proche pendant l’exercice de l’OTAN était le Dolfijn néerlandais, qui était en surface à 11 nautiques de là.

Selon des sources de la Royal Navy, le sous-marin en plongée le plus proche était situé à 40 nautiques du lieu du naufrage. Néanmoins, certains suggèrent que des traces de titane découvertes sur les funes du Bugaled pourraient provenir d’un sous-marin soviétique qui, à l’époque, étaient les seuls sous-marins qui utilisaient le titane comme peinture anti-corrosion.

« Il est possible qu’un sous-marin russe ait été là pour espionner ce que nous faisions pendant l’exercice et que cela ait provoqué l’accident, » a indiqué un officier de la Royal Navy ayant participé aux opérations de sauvetage. « Il est très probable que cela soit ce qui s’est passé. Ces chalutiers français sont des bateaux très sûrs qui peuvent naviguer par très mauvaise mer. »

Référence :

The Telegraph (Grande-Bretagne)