Le Parlement britannique a révélé par erreur des informations confidentielles sur les réacteurs nucléaires des sous-marins de la Royal Navy. Ces informations soulèvent des doutes sur la sécurité de ces réacteurs.

Le rapport a été depuis retiré, mais les informations montrent que les sous-marins de la Royal Navy ne respectent pas les “bonnes pratiques” dans 2 des pires problèmes pouvant survenir à bord d’un sous-marin nucléaire : la perte de la réfrigération primaire du réacteur et la perte de contrôle du sous-marin.

Inquiétude sur la réfrigération

Dans le pire des scénarios, un réacteur perd l’eau de réfrigération, suite à une fuite par exemple, ou l’énergie nécessaire pour refroidir l’eau, ce qui entraine une surchauffe des barres de combustible. Cette situation est semblable à la fonte partielle survenue dans les réacteurs de Fukushima Dai-ichi au Japon. Un séisme, puis un tsunami ont entraîné la perte d’alimentation électrique de l’usine.

Selon une partie qui aurait dû être censurée du rapport, la probabilité d’une fuite de liquide de refroidissement primaire est 2 fois plus élevée sur un sous-marin britannique que sur un sous-marin américain. Ceci s’explique par les différences de conception du réacteur et du système d’injection du liquide de refroidissement.

Les réacteurs nucléaires civils actuels utilisent des systèmes pour injecter en toute sécurité le liquide de refroidissement dans le corps pressurisé du réacteur, et des systèmes de refroidissement passif du cœur, souligne le rapport dans une partie non-censurée. Dans un passage censuré, il est indiqué que les sous-marins américains disposent de systèmes de sécurité comparables, construits pour résister à leur environnement. La censure s’arrête ici, et le rapport poursuit en disant que « les sous-marins britanniques sont loin d’atteindre ce niveau de référence. »

Le rapport ne détaille pas ces systèmes dont sont équipés les sous-marins américains. Mais les conséquences d’une fusion du réacteur à bord d’un sous-marin britannique pourraient être graves.

« Même si le confinement réalisé par la coque épaisse du sous-marin pourrait maintenir la majorité de ces matériaux hautement radioactifs à l’intérieur du sous-marin, » indique le rapport dans une partie non-censurée, « quelques fuites se produiraient probablement. Dans tous les cas, l’importance de la radioactivité du sous-marin constituerait un risque important pour ceux qui se trouveraient à proximité immédiate et pour le public dans un rayon de 1,5 km autour du sous-marin. »

La perte de puissance, dans un incident de réacteur, affecte aussi la sécurité du sous-marin. Lorsque le réacteur du sous-marin s’arrête soudainement, des moteurs diesel de secours démarrent pour fournir l’électricité du sous-marin, y compris pour les systèmes de manœuvre comme les barres de plongée et de direction, et l’hélice, ce qui permet de contrôler direction et vitesse du sous-marin.

Une nouvelle fois, les sous-marins américains font mieux que leurs homologues britanniques, selon le rapport. Les procédures américaines stipulent « une haute fiabilité de la propulsion, » même pendant des pannes du réacteur, lorsqu’on les compare aux sous-marins britanniques, est-il indiqué dans une partie censurée.

Pourtant, les sous-marins américains soufrent aussi de vulnérabilités. Une partie censurée du rapport fait ainsi indirectement référence à la présence d’une seule hélice.

Le rapport ne donne aucun détail sur les risques qui pourraient apparaitre suite à la présence d’une seule hélice.

Référence :

Navy Times (Etats-Unis)