En aout dernier, les forces canadiennes ont discrètement envoyé une équipe d’enquête dans le Grand Nord afin d’étudier ce qui était considéré comme un rapport "fiable" sur un sous-marin étranger aperçu près de l’entrée Est du Passage du Nord-Ouest. Elles ont essayé dans le même temps de garder la chose secrète.

Le sous-marin a été aperçu à plusieurs kilomètres de l’endroit où s’était produit 10 jours plus tôt une mystérieuse explosion.

Aujourd’hui, les militaires refusent de discuter de ce qui a été découvert l’été dernier au cours de l’enquête sur l’incident du sous-marin, citant des raisons de sécurité opérationnelle. Ce silence sur la possible incursion d’un sous-marin étranger — que le Canada est pratiquement impuissant à détecter et à empêcher — contraste étonnamment avec les clameurs poussées à Ottawa lorsque le NORAD détecte l’approche de bombardiers russes.

Cet incident rappelle la difficulté qu’éprouve le Canada à faire respecter sa souveraineté de plus en plus contestée dans l’Arctique. Il est survenu au moment même où le premier ministre Stephen Harper devait effectuer un voyage dans la région. Finalement, ce n’est que 3 semaines plus tard qu’il a essayé de réaffirmer la souveraineté canadienne sur le Passage du Nord-Ouest et l’Arctique, annonçant qu’Ottawa exigerait désormais que les navires étrangers signalent leur présence.

Les documents obtenus par le Globe and Mail montrent que ce sont des chasseurs — et non les autorités canadiennes — qui ont repéré le sous-marin et signalé aux Canadian Rangers, des réservistes légèrement armés, payés pour garder un œil sur les intrusions étrangères.

Le sous-marin avait été repéré à l’extrémité nord de l’île de Baffin, tôt dans la matinée du 9 aout.

Cet incident est survenu quelques jours seulement après qu’une explosion soit survenue dans la même région. La détonation, entendue le 31 juillet, s’est produite au large de la péninsule de Borden, entre 10 et 15 kilomètres de l’endroit où le sous-marin a été aperçu.

Jeudi, le Lieutenant Jordan Holder, un porte-parole de l’armée, a indiqué qu’il ne pouvait pas révéler ce que les militaires ont découvert pendant leur enquête sur l’incident du sous-marin. "Je n’ai pas la liberté de discuter de l’enquête ou de ses résultats." Il a cependant déclaré qu’aucun lien n’avait été trouvé entre le sous-marin et l’explosion survenue plus tôt.

Pour Rob Huebert, directeur associé du Centre for Military and Strategic Studies de l’Université de Calgary, il est possible que des sous-marins américains, britanniques, russes ou même français se soient trouvés dans la zone.

L’été dernier, la Russie a annoncé qu’elle allait augmenter le rayon d’action opérationnel de sa Flotte du Nord.

Référence :

Globe and Mail (Canada)