Cette semaine, un sous-marin américain pourrait emprunter le passage du Nord-Ouest, une zone revendiquée par le Canada.

Samedi dernier, le Los Angeles Times a publié un article sur Ice Exercise 2009, une mission classifiée décrite par l’US Navy comme le "test des capacités des sous-marins dans l’océan Arctique". 2 sous-marins nucléaires d’attaque, l’USS Helena et l’USS Annapolis, vont participer à cet exercice qui se déroulera en mer à quelques 300 km au nord de Prudhoe Bay, en Alaska.

Selon le L.A. Times, le Helena a récemment quitté son port-base de San Diego. On ignore quand l’autre sous-marin a appareillé pour l’Arctique. Mais ce qui est sûr, c’est que l’Annapolis est basé à Norfolk — et c’est bien tout le problème.

Il y a 2 routes évidentes entre la Virginie et le nord de l’Alaska. Le premier implique un long détour par les eaux internationales autour du Groenland. La seconde emprunte un raccourci de 2.000 km par le Passage du Nord-Ouest, que le Canada revendique comme des "eaux intérieures."

Les sous-marins sont l’une des raisons pour lesquelles les Etats-Unis prétendent que le Passage du Nord-Ouest est un "détroit international". Selon la Loi de la mer, les sous-marins peuvent emprunter un détroit international sans faire surface ni avertir le ou les états côtiers. Dans les eaux intérieurs canadiennes, cependant, Washington doit obtenir l’autorisation d’Ottawa avant toute utilisation, que ce soit en surface ou en plongée.

Ce n’est un secret pour personne que les sous-marins américains empruntent régulièrement le Passage du Nord-Ouest. Des chasseurs Inuit ont aperçu des périscopes dans le détroit de Barrow. Un sous-marinier américain a reconnu qu’il l’avait emprunté. On ignore cependant si l’autorisation du Canada a été demandée et obtenue.

Ironiquement, l’ignorance totale des ces passages sous-marins jouerait en faveur du Canada.

Cependant, il semble probable que le Canada — un allié des Etats-Unis au sein de l’OTAN et du NORAD — a eu connaissance d’au moins certains de ces passages et est resté muet.

En 1995, le ministre canadien de la défense, David Collenette, a expliqué que "En temps que nation disposant de sous-marins, le Canada reçoit ses alliés des informations sur les activités de leurs sous-marins. Ces informations sont échangées pour des raisons opérationnelles et de sécurité, afin de minimiser les interférences et la possibilité d’une collision entre sous-marins en plongée."

Référence :

Globe and Mail (Canada)