Les bâtiments de l’US Navy nargués par les pirates et les terroristes sur de petites embarcations pourraient recevoir une nouvelle arme contre de telles menaces : une arme non-létale à micro-ondes. Le commandant de la 5è Flotte, le vice-amiral Bill Gortney a envoyé une “déclaration de besoin urgent” demandant des armes non-létales afin de permettre aux croiseurs et aux destroyers de repousser de petites embarcations.

“Si vous êtes le commandant d’un destroyer ... et que vous voyez ces petites embarcations venir, tout ce que vous pouvez faire est leur tirer dessus,” explique le Maj. Gen. Tom Benes du Corps des Marines, directeur de l’expeditionary warfare auprès du Chief of Naval Operations. “Des armes non-létales permettent de combler ce manque.”

L’Active Denial System, un émetteur à haute puissance d’ondes millimétriques, que les commandants sur le terrain ont demandé à utiliser en Irak, fait partie des options, indique Benes. Une autre est le Long Range Acoustic Device, déjà en utilisation limitée dans la Flotte, qui envoie des avertissements et des sons perçants dans une direction particulière.

Bien que l’ADS ait été conçu comme une arme terrestre, le Pentagone a conclu que le système pourrait fonctionner sur l’eau, selon des responsables du fabriquant Raytheon, qui a déjà livré 3 exemplaires à l’US Air Force.

 Chaleur sur l’eau

Développé il y a plusieurs années pour être utilisé à terre, l’Active Denial System envoie un rayon de 2 m de large qui crée une sensation insupportable de chaleur sur les personnes ciblées. Les personnes situées sur son trajet doivent s’enfuir.

On ignore s’il pourrait pénétrer l’acier de la coque d’un navire de surface, mais il pourrait affecter toute personne sur une petite embarcation à pont découvert, les forçant à faire demi-tour ou même à sauter à la mer pour échapper au rayon.

Bien qu’il ait été conçu pour être utilisé à terre, les effets du rayon seraient les mêmes dans un environnement maritime, explique George Svitak, directeur du développement des armes à énergie dirigée chez Raytheon, et il serait efficace jusqu’à plus de 800 m. Mais les ingénieurs devront concevoir une fixation sur le pont pour compenser le roulis et le tangage du navire. La Navy devrait déterminer où et comment l’installer sur le pont et s’il faut l’intégrer aux autres systèmes de combat.

 Casser les oreilles

Une autre arme non-létale est le Long Range Acoustic Device, qui écrase ses cibles avec un bruit si fort qu’elles peuvent l’entendre à l’intérieur de la tête. Le LRAD est déjà installé à bord de navires opérant au Moyen-Orient. Les marins peuvent relier le LRAD à un baladeur MP3 pour diffuser des avertissements pré-enregistrés en somalien ou en arabe, ou, comme les marins des unités patrouillant sur les fleuves d’Irak, diffuser de la musique heavy metal, ou même utiliser un klaxon intégré.

“La Navy a déjà tout ce qu’il faut pour tuer les gens,” indique Scott Stuckey, directeur du développement à American Technology Corporation, le fabriquant du LRAD. “L’important est de leur donner du matériel pouvant être utilisé en cas d’escalade de la violence afin qu’ils puissent respecter les règles d’engagement.”

Plus puissant qu’un avion à réaction, le LRAD permet aux marins à bord d’un destroyer de parler de façon compréhensible à des petites embarcations jusqu’à 500 m, explique Stuckey, et les modèles les plus récents peuvent être contrôlés depuis l’intérieur du bâtiment. Avec la version que la Navy utilise actuellement, un marin doit être à découvert et diriger physiquement le LRAD.

Les nouvelles modèles comportent aussi un désignateur laser, qui peut aveugler temporairement un attaquant. Ils peuvent être contrôler depuis le centre opérationnel ou reliés au radar ou aux senseurs infra-rouge.

Les navires de surface de l’US Navy embarquent au moins un LRAD lorsqu’ils entrent dans la zone d’opération de la 5è Flotte, qui comprend le golfe Persique et la Cornede l’Afrique, et le déposent lorsqu’ils la quittent. La Navy dispose au total de 45 LRAD, mais le fabriquant a un contrat dont une option permet à la Navy d’en acheter près de 270. Pour environ 4 millions $, la Navy pourrait acheter tous ces matériels et en équiper tous ses navires de surface, à babord et à tribord.

Le LRAD n’est pas la protection définitive. Des protections d’oreille portées par un pirate “réduise l’intensité aussi simplement qu’un gilet pare-balles le fait pour des armes de petit calibre.”

Référence :

Navy Times (Etats-Unis)