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Plus de 800 marins français profitent actuellement des attractions et de l’hospitalité du Cap, alors que le groupe opérationnel Jeanne d’Arc 2026 de la Marine nationale française fait escale dans la baie de la Table, dans le cadre d’un déploiement mondial combinant formation des officiers, préparation opérationnelle et diplomatie de défense.
Le porte-hélicoptères amphibie Dixmude est arrivé au Cap le dimanche 5 avril, accompagné de la frégate furtive Aconit, pour une mission de coopération bilatérale et de diplomatie de défense, selon les autorités.
Le déploiement Jeanne d’Arc 2026 a quitté Toulon, dans le sud de la France, en février pour un voyage de cinq mois à travers la Méditerranée, la mer Rouge, l’Afrique de l’Est, l’océan Indien et l’Atlantique.
Le déploiement Jeanne d’Arc constitue traditionnellement la dernière phase pratique de la formation des 162 élèves-officiers de la Marine nationale embarqués à bord du groupe opérationnel.
L’ambassadeur de France en Afrique du Sud, David Martinon, a déclaré que cette mission représentait bien plus qu’une simple visite de courtoisie navale : « La présence de la mission Jeanne d’Arc ici ne relève pas d’un protocole de routine. »
« Elle témoigne d’un engagement résolu à s’impliquer, à former et à bâtir des partenariats durables sur nos routes maritimes stratégiques reliant l’océan Atlantique à l’océan Pacifique », a expliqué M. Martinon.
« Cette visite », a-t-il souligné, « s’inscrit dans la continuité des échanges positifs que nous avons instaurés en début d’année, lorsque la frégate française Nivôse a été chaleureusement accueillie ici, au Cap, en janvier. Cette continuité démontre la profondeur de notre partenariat maritime et notre engagement commun pour la sécurité de ces eaux stratégiques. »
Il a ajouté que ce déploiement incarne la vision française d’une marine « à la fois prête au combat et tournée vers les partenariats ».
Loin d’être une simple croisière d’entraînement, Jeanne d’Arc 2026 est un groupe aéronaval pleinement opérationnel, capable de mener des opérations militaires, des évacuations, des patrouilles de dissuasion et des interventions en cas de crise.
À bord du Dixmude embarquent environ 600 personnes, dont 200 membres d’équipage et 162 élèves-officiers de marine, ainsi que des soldats de l’Armée de Terre issus du 3e Régiment d’Infanterie de Marine en Bretagne, des détachements d’hélicoptères, des équipages de péniches de débarquement et des opérateurs d’aviation navale et de drones.
La composante aérienne du navire comprend un hélicoptère Dauphin, un système aérien sans pilote S-100 Camcopter, deux hélicoptères de transport NH90 Caïman et deux hélicoptères de reconnaissance/attaque Gazelle de l’Armée de Terre, ainsi que de petits drones maritimes. Le détachement amphibie embarque une embarcation de débarquement rapide EDA-R et deux embarcations standard EDA-S, conférant au groupe une capacité crédible d’entrée à terre.
Le capitaine de vaisseau Jocelyn Delrieu, commandant du Dixmude, a déclaré que ce déploiement offre aux jeunes officiers une expérience concrète du combat au sein d’un groupe opérationnel.
« La frégate d’accompagnement permet aux jeunes officiers de manœuvrer un groupe opérationnel et de s’entraîner aux opérations militaires au sein d’un tel groupe », a-t-il ajouté.
Le commandant Delrieu a souligné que ce déploiement témoigne également de la présence maritime mondiale de la France, qui maintient des intérêts stratégiques majeurs dans l’océan Indien à travers ses territoires d’outre-mer, notamment La Réunion, Mayotte et les Îles Éparses.
Avant son arrivée au Cap, le groupe opérationnel a participé à l’exercice Papangue 26, un exercice régional dirigé par la France et mené au large de La Réunion, l’un des territoires français d’outre-mer de l’océan Indien.
L’escale au Cap comprend des échanges professionnels avec la Marine sud-africaine, les discussions portant sur la coopération maritime et les intérêts régionaux communs.
Le commandant Delrieu a déclaré être « convaincu que nous avons des intérêts communs dans la partie sud de l’océan Indien » et que les deux marines étudient les possibilités de renforcer leur coopération en mer et à terre.
« Nous développons les échanges entre nos deux marines », a-t-il affirmé, « et nous réfléchissons à ce que nous ferons ensemble demain, le mois prochain, voire l’année prochaine. »
Le commandant Delrieu a toutefois précisé que les interactions en mer entre les deux marines dépendront du programme des navires.
Soulignant l’importance stratégique du Cap comme point de passage entre les océans, il a déclaré : « Il n’y a pas de meilleur endroit que l’Afrique du Sud et Le Cap pour passer d’un océan à l’autre. »
Il a également souligné l’importance symbolique du passage du cap de Bonne-Espérance pour les cadets embarqués. « Franchir le cap de Bonne-Espérance est une étape incontournable de la vie d’un marin. »
L’escorte du Dixmude est assurée par la frégate Aconit, qui a bénéficié d’importantes améliorations, notamment un nouveau système de surveillance optronique, des lanceurs de missiles à courte portée Mistral de dernière génération, des missiles antinavires Exocet MM40 Block 3C et un sonar de coque pour la lutte anti-sous-marine.
Le groupe aéronaval Jeanne d’Arc quittera Le Cap le vendredi 10 avril et traversera l’Atlantique jusqu’au Brésil, avant de rejoindre la Méditerranée et de rentrer à Toulon à la mi-juillet.
Alors que le déploiement se poursuit, Jeanne d’Arc 2026 reste à la fois une mission d’entraînement et un rappel visible de la capacité de la France à projeter sa puissance maritime loin de l’Europe, y compris dans les eaux stratégiquement vitales autour de l’Afrique australe.
Defence Web (Afrique du Sud)
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