La France va poursuivre le combat contre Daesh, même après que son unique porte-avions, le Charles de Gaulle, soit retourné à Toulon pour subir une période d’entretien de plus d’un an.

Le porte-avions Charles de Gaulle

Le départ du Charles de Gaulle laissera la coalition conduite par les Etats-Unis sans l’une de ses armes les plus puissantes, à un point tournant de la campagne contre Daesh.

Le président Hollande a déjà prolongé 2 fois la durée de la mission du groupe aéronaval, repoussant le début de sa période d’entretien à la mi-décembre.

« La France veut intensifier ses efforts au sein de la coalition durant cette période qui est un point tournant de la lutte, » explique le contre-amiral Olivier Lebas, commandant de la Task Force 473.

« Partout, Daesh perd du terrain... C’est un point tournant aussi parce que nous avons commencé les combats à Mossul, » explique-t-il. « Daesh subit une pression énorme. Il est fondamental de maintenir cette pression à un niveau élevé pour tirer avantage de cette avancée sur le théâtre. »

Le porte-avions a joué un rôle crucial dans l’opération Chammal, le volet français de l’opération Inherent Resolve américaine. Les chasseurs Rafale embarqués ont permis de tripler le nombre d’appareils utilisés par la France pour mener des frappes et des missions de reconnaissance au-dessus de l’Irak et de la Syrie. La capacité du porte-avions à naviguer au plus près des zones de conflit et à choisir depuis où il lance ses frappes, ajoute une flexibilité que les avions basés à terre n’ont pas. Au cours des 2 dernières années, il a opéré depuis la Méditerranée orientale et depuis le golfe Persique.

« Les frappes de précision menées depuis le porte-avions Charles de Gaulle ont décimé Daesh, permis aux forces irakiennes de s’approcher et de commencer la libération de Mossoul, » indique un récent communiqué du bureau des relations publiques de la coalition américaine.

Depuis septembre 2015, les forces aériennes françaises, tant de l’armée de l’air que de la marine, ont conduit plus de 5.200 missions et plus de 1.000 frappes, détruisant 1.600 cibles, ont indiqué des responsables français. Elles ont effectué 100 frappes depuis le début de la bataille de Mossoul.

Le départ du porte-avions intervient alors que les forces irakiennes et kurdes poursuivent leur poussée dans Mossoul. En Syrie, les forces gouvernementales et leurs alliés russes avancent dans les zones rebelles d’Alepp, pendant que les groupes rebelles kurdes tentent d’isoler Raqqa, la capitale de fait de Daesh.

Le porte-avions américain USS Dwight D. Eisenhower doit lui aussi terminer son déploiement dans un proche avenir. Sauf prolongation ou changement de calendrier, la coalition devra attendre le début de l’année prochaine le retour d’un porte-avions, l’USS George H.W. Bush.

La période d’entretien du Charles de Gaulle, qui intervient tous les 10 ans, ne peut plus être retardée, précise l’amiral Lebas.

La France va maintenir la pression sur Daesh et va trouver d’autres moyens de participer aux opérations de la coalition, avec d’autres moyens, en fonction des besoins de la coalition, a indiqué l’amiral Lebas.

L’amiral Lebas explique qu’il y a 2 points importants pour garder les pilotes à jour pendant que le Charles De Gaulle est en entretien. Les pilotes doivent conserver leur capacité opérationnelle et leur connaissance du théâtre en étant déployé et en volant dans des zones de conflit, et ils doivent conserver leur capacité à décoller depuis des porte-avions en mer.

La marine nationale envisage un certain nombre de possibilités pour maintenir ces capacités, mais aucune décision n’a encore été prise. L’une est de décoller et d’apponter sur un porte-avions américain, indique l’amiral Lebas. Le porte-avions français utilise les mêmes catapultes et brins d’arrêt. Donc les avions français et américains sont interopérables avec les porte-avions des uns et des autres.

Des responsables français et américains indiquent qu’ils envisagent des entraînements pendant que l’USS Dwight D. Eisenhower naviguera en Méditerranée orientale.

Mais les opérations de Rafale français depuis un porte-avions américain ne seraient que de l’entraînement, probablement pas pour des missions de combat, a précisé l’amiral Lebas.

Référence :

Stars & Stripes (Etats-Unis)