L’équipage du sous-marin nucléaire lanceur de missiles de croisière américain USS Georgia a entendu ce bruit étrange dès que l’hélice a commencé à tourner — Whump ! Whump ! Whump ! Mais plutôt que de l’arrêter, ils ont continué à naviguer à différentes vitesses, pendant plusieurs jours, pour essayer de trouver l’origine du problème.

Selon un rapport de l’US Navy, leurs « erreurs catastrophiques » a mis de côté le Georgia pendant 3 mois, au moment même où il aurait dû être envoyé au large de la Libye, au début 2011. Un officier et un officier marinier supérieur, 2 mécaniciens, ont perdu leur poste et 6 autres membres d’équipage ont été sanctionnés à des degrés divers.

Tout cela à cause d’un seul boulon ne coutant que quelques dollars — les réparations ont couté 2,2 millions $.

Ignorant les procédures normales et le sens commun, l’équipage a continué d’utiliser l’hélice, à différentes vitesses, pendant les 2 jours suivants dans un effort vain de trouver la cause.

Selon l’enquête de commandement, le boulon a été accidentellement laissé dans le réducteur lors d’une inspection de routine menée en décembre 2010. Cette erreur est le résultat d’une préparation et d’une supervision inadaptées de l’inspection annuelle du réducteur.

Pour l’amiral Richardson, commandant les forces sous-marines, « cet incident pouvait parfaitement être évité. Si les procédures adéquates avaient été respectées, rien ne serait arrivé, et le sous-marin aurait appareillé à l’heure. »

L’amiral Richardson a souligné que la rotation de l’hélice et du réducteur, maintenue après que le bruit ait été entendu, a probablement aggravé les dégâts.

Ces inspections n’ont rien de nouveau. Tous les réducteurs des bâtiments de l’US Navy sont inspectés périodiquement, pour vérifier qu’il n’y a pas d’usure de cet équipement d’une importance critique. Les procédures sont strictes et chaque étape doit être préparée : les chefs de service doivent superviser l’ouverture du couvercle. Une tente est installée autour de l’ouverture pour qu’aucun objet ne puisse tomber, un quart de sécurité est mis en place. On enregistre l’entrée et la sortie de chaque outil ou pièce. Les outils sont attachés au poignet par des lanières. Tous les intervenants retirent leur casquette et leurs objets personnels (anneaux, crayons, montre...).

Mais lors de la préparation de l’inspection sur le Georgia, personne n’a revu en détail les procédures de maintenance avant de commencer. La supervision était insuffisante, l’inspection était menée sans se presser et les intervenants n’avaient pas été formés à appliquer les procédures.

Le remède appliqué par l’équipage — continuer de naviguer alors qu’un bruit anormal était entendu au niveau de la machine — a rendu la situation pire encore.

Référence :

Navy Times (Etats-Unis)