L’Iran dispose d’une vingtaine de sous-marins, construits localement au cours des 15 dernières années. Jamais testés au combat, représentent-ils vraiment une menace ?

La flotte iranienne de 20 sous-marins constitue une force dangereuse et imprévisible dans le golfe Persique.

Les États-Unis — dont la 5è Flotte est basée à Bahreïn et dont des porte-avions sont fréquemment envoyés dans la région — n’a pas révélé ce qu’ils savent des capacités des sous-marins iraniens.

Les experts militaires pensent que les États-Unis utilisent des avions, des satellites, des sous-marins et des senseurs posés sur le fond, pour surveiller les activités des sous-marins iraniens en mer.

Agir ainsi nécessite d’entrer dans les eaux territoriales iraniennes. Mais l’Iran ne reconnaitrait probablement pas que des bâtiments américains entrent et sortent impunément de ses eaux.

De récents exercices américains — maîtrise du domaine aéro-maritime, supériorité aérienne, débarquement dans un pays fictif ressemblant beaucoup à l’Iran — auraient comporté une partie de lutte anti-sous-marine.

Mais l’efficacité réelle de la flotte sous-marine d’Iran reste globalement incertaine parce que la plupart des modèles de sous-marins n’ont jamais été testés au combat.

La Russie a accepter en 1996 d’arrêter de vendre ses sous-marins Kilo, forçant Téhéran à développer ses propres sous-marins. L’Iran a conçu 3 types de sous-marins.

Après 10 ans d’essais et d’erreurs, ils ont construit en 2005 des sous-marins de la classe Qadir, d’un déplacement de 100 t. L’Iran dispose actuellement de 12 de ces petits sous-marins diesel-électrique. Ils se situent en gros entre les vieux mini-submersibles et les Kilo russes.

Pour les analystes, ils sont très similaires aux sous-marins Cosmos SX-506B que les Italiens ont vendu à la Colombie dans les années 80. Le SX-506B, lui aussi d’un déplacement de 100 t, est juste assez gros pour emporter quelques commandos et mouiller quelques mines. Des images diffusées dans la presse montrent qu’ils pourraient aussi être équipés de 2 tubes lance-torpilles.

La Russie a exporté dans les années 90 un certain nombre de sous-marins SX-756, plus gros, vers le Pakistan. Ce pourrait être la base de la conception du Qadir. Les sous-marins nord-coréens de la classe Sang-O sont aussi très proches du Qadir.

En 2007, la Corée du Nord a donné à l’Iran 4 de ses mini-sous-marins type Yugo, d’un déplacement de 90 t et de 20 m de long.

L’Iran aurait aussi 5 sous-marins plus gros, de la classe Nahang. D’un déplacement d’environ 500 t, ils sont de la même taille et ils ressemblent beaucoup aux vieux U-206 allemands des années 60, développés pour la navigation dans les eaux peu profondes de la mer Baltique.

La taille du U-206 lui permet d’emporter 8 torpilles sans rechargement. Mais la version iranienne a été peu vue, et les services de renseignement estiment que le Nahang est un échec.

Téhéran travaille maintenant à un 3è type de sous-marin. La construction du Qaaem a commencé en 2008. Il s’agit d’un sous-marin de 1.000 t, qui devrait être assez grand pour être équipé de tubes lance-torpilles tout en autorisant leur rechargement. Il pourrait s’agir du modèle qui remplacera les Kilo d’origine russe.

Les sous-marins iraniens de la classe Kilo (projet 877/636) représentent la menace la plus importante au sein de la flotte sous-marine de Téhéran. Ces sous-marins de 2.300 t ont un rayon d’action leur permettant d’agir dans tout l’océan Indien.

Ils sont équipés de 6 tubes lance-torpilles de 533 mm et emportent 18 torpilles ou 24 mines. Le Kilo est considéré comme un formidable ennemi et peut rester en mer jusqu’à 45 jours. Leurs équipages ont plus de 10 ans d’expérience, mais les sous-marins ont plus de 15 ans, la moitié de leur durée de vie opérationnelle.

La vraie question est de savoir si l’Iran a trouvé des moyens de surpasser son expérience limitée et le manque de savoir-faire technologique dans la construction navale en général, et dans la construction de sous-marins en particulier.

Les sous-marins de la classe Qadir auraient de nombreux problèmes et seraient peu sûrs. Pour certains analystes, cela serait représentatif de la (mauvaise) qualité des sous-marins iraniens en général.

La manière dont ils se comporteraient face à la puissance navale des États-Unis, ou des sous-marins israéliens, restera un mystère, à moins qu’une guerre n’éclate.

Référence :

Arutz Sheva (Israël)