Le plus mystérieux sous-marin de la marine russe a à nouveau fait parler de lui à l’été 2010. Selon un porte-parole de la base navale de la mer Blanche, bien que le sous-marin classique Sarov n’ait été mis en service qu’en aout 2008, il est entré dans une période de modernisation.

Le Sarov : le très mystérieux sous-marin de la marine russe

Le sous-marin classique expérimental est une plateforme de développement sous-marine (Projet Sargan) lancée en 1988 par le bureau d’études Rubin. Le projet technique a été approuvé en mars 1989. On suppose que la coque du sous-marin est basée sur celle du projet 877B (une des versions du Kilo destinée à l’exportation).

Un représentant du chantier naval Zvezdochka a confirmé que le sous-marin classique B-90 Sarov était resté au bassin en 2010. Cependant, ce responsable a refusé de préciser la nature des travaux effectués. Mais c’est compréhensible puisque, lors de la cérémonie de prise d’armement, le sous-marin avait été décrit comme devant permettre de tester « des systèmes de soutien, d’armement et des équipements nouveaux ou modernisés ».

Pour être plus précis, le Sarov est une plateforme d’essai destinée à tester « en service continu la faisabilité de nombreuses améliorations ». Extérieurement, il ressemble à un sous-marin, avec un kiosque et une coque dont la forme rappelle celles des SNLE du Projet 667A (Yankee I). Mais il y a des différences évidentes. Ainsi, la coque présente de chaque côté 2 renflements dont il est peu probable qu’ils améliorent l’hydrodynamique du sous-marin et qui réduisent sa vitesse en plongée. Mais apparemment, ce ne sont pas les caractéristiques les plus importantes du Sarov.

L’un des principaux problèmes résolus avec le lancement de ce sous-marin était l’installation d’un réacteur nucléaire compact, comme source d’énergie de secours. L’objectif était de concevoir un moyen naval bon marché et fiable, capable de rester en plongée pendant de longues périodes comme le sous-marins nucléaires plus couteux.

Le sous-marin devait être admis au service actif en 1993. Mais, le manque d’argent a ralenti les travaux, et ils ont même été fréquemment interrompus. En 1996, le projet a été finalement gelé, alors qu’il était terminé à 40%. Ce n’est que 5 ans plus tard, après une décision commune des ministères du développement économique et de la défense, que la construction du sous-marin expérimental a repris, après que le bureau Rubin ait en parti modifié les plans.

En aout 2003, le sous-marin, encore en construction, a été transféré à Severodvinsk. 3 ans plus tard, le 19 mars 2006, lors du 100è anniversaire de la flotte sous-marine russe, une nouvelle plaque de pose de la quille a été installée sur le sous-marin au chantier Sevmash. En mars 2007, le sous-marin expérimental a été baptisé Sarov à l’initiative du Centre Nucléaire Sarov. Au cours de cette même année, le capitaine de vaisseau Sergei Kroshkin a visité le chantier et fait les gros titres de la presse locale. Cela a entrainé l’apparition de rumeurs que le sous-marin était un sous-marin espion, mettant dans l’embarras cet officier et ses chefs.

Le 14 décembre, le sous-marin sortait du hall d’assemblage de Sevmash et lancé le 24 décembre dans le port militaire de Severodvinsk « derrière des portes closes ». Néanmoins, malgré toutes les mesures de sécurité, cette information a fuité. En juillet 2008, le sous-marin a effectué les essais appropriés puis admis au service actif en aout. Depuis 2009, le Sarov est basé à Severodvinsk (Flotte du Nord).

Depuis 2008, le sous-marin a effectué de nombreuses missions spéciales. Pour chaque essai, le Sarov était modernisé et adapté. Selon des informations non confirmées, la dernière modernisation de 2010 était liée à des essais d’une nouvelle propulsion. Cependant, ni le chantier, ni le bureau d’études n’ont commenté ou confirmé cette information.

Caractéristiques générales du sous-marin Sarov :

Equipage 52 membres d’équipage
Tirant d’eau 7 mètres
Longueur 72,6 mètres
Largeur 9,9 m
Déplacement en plongée 3.950 t
Déplacement en surface 2.300 t
Vitesse en plongée 17 nœuds
Vitesse en surface 10 nœuds
Immersion d’essai 300 m
Autonomie en plongée jusqu’à 20 jours
Autonomie 45 jours

Référence :

RusNavy (Russie)