Dans le monde entier, les marines ajoutent des porte-aéronefs à leur flotte, remettant en état d’anciens bâtiments et construisant de nouveaux, alors que des experts remettent en cause le coût et l’utilité même des porte-aéronefs dans un monde en pleine évolution.

Les puissances militaires établies, Grande-Bretagne, France, Russie et États-Unis — qui disposent à eux seuls plus de porte-aéronefs que tous les autres pays du globe réunis — augmentent leurs flottes de porte-aéronefs. Et les pays appartenant au groupe des pays émergents surnommé BRIC (Brésil, Inde, Chine) rejoignent la ligue des nations disposant de porte-aéronefs.

Le contre-amiral Philippe Coindreau, commandant la flotte française effectuant des frappes aériennes sur la Libye depuis le 22 mars, indique que les marines du monde veulent projeter une image de puissance lorsqu’elles augmentent leur flotte de porte-aéronefs.

Il ajoute : « Un porte-aéronefs est parfaitement adapté à ce type de conflits, et le Charles de Gaulle le démontre tous les jours. »

L’US Navy possède 11 porte-aéronefs à propulsion nucléaire, principalement de la classe Nimitz d’un déplacement de 100.000 t. Et c’est sans compter les super-porte-avions qu’elles a déjà ajouté à sa flotte et de nouveaux en construction.

Depuis la 2è Guerre Mondiale, ces forteresses flottantes sont l’épine dorsale de la puissance navale américaine. Elles ont été utilisées dans différents conflits dans lesquels les États-Unis ont été impliqués, dont la Corée, le Vietnam, l’Irak, l’Afghanistan, le Kosovo et maintenant la Libye.

Il n’y a pas de données précises sur le nombre de porte-aéronefs en service dans le monde. Parce que certains bâtiments répondent aussi à la définition sans être officiellement des “porte-aéronefs”. Des porte-hélicoptères, ou même des croiseurs et des destroyers, répondent aussi à la définition de porte-aéronefs parce qu’ils peuvent servir de bases aériennes mobiles avec leur pont d’envol.

Mais de nombreux experts militaires remettent en cause l’importance des porte-aéronefs à la lumière des nouvelles technologies qui les rendent obsolètes, sans parler du coût de leur entretien.

Ils expliquent que les avancées obtenues dans les armes anti-navires rendent les porte-aéronefs dépassés, et même des espèces en voie de disparition qui sont trop coûteux pour qu’on risque de les perdre dans un conflit.

« Avec ces nouvelles technologies, il est plus facile d’attaquer des porte-aéronefs, depuis des distances plus grandes », explique Benjamin Friedman, chercheur au CATO Institute.

Les porte-avions d’aujourd’hui n’ont jamais été testés dans un conflit moderne, face à une marine disposant de capacités anti-navires avancées.

Référence :

International Business Times (Australie)