Alors que les partis politiques taïwanais ne parviennent pas à se mettre d’accord sur le besoin de développer ou acheter de nouveaux sous-marins, les capacités sous-marine de la marine taïwanaise se dégradent de plus en plus.

3 sous-marins taïwanais
Un sous-marin de la classe Guppy (1er plan) en service depuis 66 ans et 2 sous-marins de la classe Hailung (arrière plan) en service depuis 25 ans.

Jyh-Perng Wang, un chercheur de l’Association for Managing Defense and Strategies, explique que les sous-marins des classes Hailung et Guppy sont surchargés d’exercices et de missions opérationnelles, puisqu’ils passent 27 jours par mois en mer. Les 2 sous-marins de la classe Guppy ne sont plus utilisés maintenant que pour la formation, ce qui ne laissent que les 2 sous-marins de la classe Hailung pour les missions opérationnelles.

Wang indique que le stress physique et mental, qui s’ajoute à une mentalité “pas d’espoir pour l’avenir”, pourrait conduire à une vague de départ parmi les officiers supérieurs.

Les Gyppy, âgés de 70 ans, sont dans un triste état et exigent un entretien permanent. Cela explique pourquoi, à chaque fois que les 2 sous-marins prennent la mer, l’état-major de la marine devient extrêmement nerveux.

Les équipages s’inquiètent constamment du risque d’accidents. C’est pourquoi le fardeau des missions opérationnelles repose désormais principalement sur les 2 sous-marins de la classe Hailung, construits aux Pays-Bas.

Des sources indiquent que, outre les missions opérationnelles, les 2 sous-marins actifs sont aussi utilisés pour des exercices de lutte anti-sous-marine avec ou sans avertissement, des missions de patrouille maritime, des évaluations de routine par le commandement de la flotte, le mouillage de mines et la lutte contre les mines, ainsi que pour les exercices annuels Han Kuang. Ces derniers exigent plusieurs mois de préparation et d’exécution, ce qui pourrait expliquer l’épuisement des officiers.

Wang ajoute que, plus de 20 ans après leur mise en service, les sous-marins de la classe Hailung commencent eux aussi à devenir vieux. A leur entrée en service, ils ont fourni un avantage face aux sous-marins chinois. Mais maintenant que les sous-marins d’attaque chinois de la classe Song ont été équipés de tuiles anéchoïques [1]
, il est temps pour la marine de désarmer ses sous-marins de la classe “Stégosaure” et de se moderniser.

Wang indique aussi qu’il est inquiet que des salaires entre 30.000 et 40.000$ de Taïwan (777 à 1.037 €) par mois proposés par la marine, ne soient insuffisants pour retenir le personnel, puisque les équipages de sous-marins subissent constamment beaucoup de stress. La vague d’officiers supérieurs qui ont pris leur retraite en avance, montre que les officiers ont perdu confiance dans la flotte sous-marine, ce qui est une grande perte pour la marine taïwanaise.

Notes :

[1Revêtement posé à l’extérieur de la coque de sous marins afin d’absorber ou d’atténuer le son émis par le bâtiment, réduisant ainsi la distance à laquelle le bâtiment peut être détecté par un sonar passif.

Référence :

Taipei Times (Taïwan)