La marine nationale aura toujours besoin de porte-avions et de la dissuasion nucléaire en 2040, a déclaré le 27 octobre le chef d’état-major de la marine, alors même que le monde traverse un large éventail de menaces naturelles et humaines.

"Nous avons toujours besoin de nous protéger," a déclaré l’amiral Pierre-François Forissier, chef d’état-major de la marine, lors de l’exposition Euronaval. "En 2040, la marine nationale aura encore besoin d’utiliser la dissuasion et d’avoir une composante nucléaire.

"Cette composante nucléaire pourrait être partagée avec d’autres partenaires européens," a-t-il ajouté.

Lorsqu’on lui a demandé si des porte-avions feraient encore partie de la future marine nationale, l’amiral Forissier a souligné que les marines n’auront pas seulement besoin de contrôler la zone sur et au-dessus de la mer, mais aussi en dessous.

"Ce qui est certain, c’est que les marines mondiales auront ces 3 dimensions et contrôleront ces volumes," a-t-il expliqué. "Elles devront pouvoir mettre en l’air des ressources et des équipements de grande puissance et qui peuvent rester longtemps en vol. Il n’y a absolument aucun doute à ce sujet."

L’amiral Forissier a indiqué que seul un porte-avions pourrait mettre en l’air des appareils en nombre suffisant et fournir une plateforme pour les lancer et les récupérer.

"Donc le porte-avions à catapulte va rester le matériel au service de la souveraineté," a-t-il déclaré.

Lorsqu’on lui a demandé de commenter les récents développements britanniques concernant les porte-avions de la classe Queen Elizabeth — désormais équipés de catapultes et objets de discutions franco-britanniques à haut niveau sur le partage des moyens et responsabilités navals —, l’amiral Forissier a souligné les similarités entre les marines française et britannique.

"Le modèle de marine qu’ils ont choisi est assez comparable à celui que nous avons choisi en 2008 d’avoir en France," a-t-il rappelé. "Sur les sous-marins, le porte-avions, les navires amphibies, nous pouvons voir que, des 2 côtés de la Manche, nous avons la même attitude."

"Pendant les 25 dernières années, nous, la France, avons été les seuls de ce côté de l’Atlantique à disposer de cette capacité de porte-avions complets. Et nous nous sentions terriblement seuls," a remarqué l’amiral Forissier. "Nous sommes très contents qu’un autre partenaire soit sur le point de nous rejoindre."

Référence :

Defense News (Etats-Unis)