Le nouveau livre blanc de la défense australienne aura pour conséquence que, pour la première fois dans son histoire, la marine australienne aura plus de sous-marins que de navires de combat de surface — une situation qui exige des réformes urgentes pour garantir que le plan ambitieux fonctionne, ont expliqué des spécialistes de la défense.

Le document de 140 pages publié ce week-end prévoit le doublement de la flotte sous-marine (12 sous-marins) avec un plus long rayon d’action, capacité d’emport que les actuels Collins. Ils seront capables de mener des missions de lutte anti-sous-marine et contre les navires de commerce, de frappes stratégiques, de détection et de mouillage de mines, de collecte de renseignement et d’infiltration de commandos.

Même si la priorité donnée par le livre blanc à la puissance maritime est bien accueillie, la force sous-marine reste un des domaines les plus problématiques pour la défense, avertit un analyste Allan Behm. "Cela signifie qu’il y aura plus de sous-marins (12) que de navires de combat de surface (11)," a-t-il souligné.

"Cela va nécessiter un important changement d’état d’esprit dans la marine australienne — parce que je pense que l’un des plus grands obstacles passés sous silence au projet de sous-marins, est de savoir si la marine va l’appuyer de son poids."

Comme l’a rapporté The Australian, les sous-marins sont touchés par des problèmes d’équipage. La marine australienne peut à peine réunir assez de bras pour faire naviguer 2 de ses 6 sous-marins Collins.

Un passé de parti-pris à l’encontre des sous-mariniers explique aussi pourquoi la Royal Australian Navy n’a pas réussi à intégrer les forces sous-marines avec le reste de la flotte, explique M. Behm.

Un changement culturel aux échelons les plus élevés de la marine est nécessaire pour que la primauté des sous-marins soit soutenue.

"Nous n’avons pas d’amiral venant des sous-marins. Nous n’avons personne pour pousser les sous-marins aux plus hauts échelons de la marine. Si vous regardez tous ces capitaines et commodores qui sont des futurs chefs potentiels de la marine, actuellement, il y en a un — peut-être 2— qui sont sous-mariniers. Tous les autres viennent de la flotte de surface."

Tant que des sous-mariniers ne seront pas promus à des grades élevés, les problèmes ne seront pas réglés.

Référence :

The Australian (Australie)