Les actions internationales destinées à lutter contre la piraterie au large de la Somalie sont entravées par les traités internationaux et par certaines lois nationales.

Les bâtiments de guerre qui se trouvent actuellement au large de la Somalie se glorifient de quelques succès spectaculaires. Mais dans le même temps, les pirates continuent leurs activités, visant même des navires de plus en plus gros, situés de plus en plus loin des côtes de Somalie.

Le véritable problème est que les opérations de lutte contre la piraterie sont entravées par les textes internationaux et les lois nationales de certains pays.

En 1815, le Commodore américain Stephen Decatur, envoyé en Algérie pour stopper les attaques de pirates barbaresques en Méditerranée, a tout simplement capturé le navire-amiral de la flotte du Dey d’Alger et l’a force à capituler. Lorsque le Dey a ensuite dénoncé l’accord, les Britanniques et les Hollandais ont bombardé Alger.

Désormais, il n’est plus question de bombarder le port d’Eyl, la principale base des pirates sur la côte somalienne. Ça pourrait être la réponse la plus efficace, mais cela exigerait une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU.

Il y a une résolution qui autorise l’utilisation des "moyens nécessaires", c’est à dire de la force, pour stopper la piraterie dans les eaux internationales. Il y a une autre résolution qui autorise les opérations dans les eaux somaliennes, mais seulement avec l’accord du gouvernement provisoire somalien.

Mais toutes ces opérations doivent être menées en respectant la loi internationale, c’est à dire la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.

Il peut y avoir aussi des limitations nationales. Les navires allemands ne peuvent intervenir qu’en cas de flagrant-délit, et ils ne peuvent poursuivre un navire pirate s’il cesse son attaque : la loi allemande prévoit que c’est la police fédérale allemande qui est compétente dans ce cas. Pour les bâtiments de la Royal Navy, le Foreign Office a conseillé de ne pas ramener les pirates en Grande-Bretagne pour qu’ils ne réclament pas l’asile politique. Il a aussi interdit de les remettre aux autorités somaliennes pour éviter qu’ils soient soumis à un traitement cruel (peine de mort ou torture). Les pirates capturés par la Royal Navy le 11 novembre ont été remis au Kenya.

La Convention des Nations Unies limite l’action des marines dans la lutte contre la piraterie. Elle prévoit que si un bateau est soupçonné de piraterie, un navire militaire doit “envoyer une embarcation, sous le commandement d’un officier, auprès du navire suspect, pour procéder à la vérification des titres autorisant le port du pavillon. Si, après vérification des documents, les soupçons subsistent, il peut poursuivre l’examen à bord du navire, en agissant avec tous les égards possibles.”

Le bâtiment de guerre ne peut simplement ouvrir le feu. Surtout ne pas oublier de mener les inspections “avec tous les égards possibles”. Comment après ça lutter efficacement contre la piraterie ? Il est plus facile de fouiller une voiture soupçonnée d’avoir participé à un délit.

Dans le passé, des mesures fermes avaient dû être prises pour mettre fin à la piraterie dans les Caraïbes.

Généralement, il s’agissait d’un procès à grand spectacle, à Londres, en Jamaïque ou ailleurs. Il était suivi par la pendaison en public des condamnés et les cadavres étaient laissés pourrir à la vue de tous, à l’entrée du port, afin que les marins comprennent que la piraterie n’était pas un bon choix de carrière.

Les bâtiments de guerre pouvaient aussi pendre directement les pirates, sans autre forme de procès, ou les jeter simplement par dessus le bord, les laissant se noyer, quand ils n’attachaient pas une chaine et un boulet à la jambe du pirate pour faire bonne mesure.

Les pirates des temps modernes utilisent les mêmes méthodes que leurs prédécesseurs. Ils suivent puis abordent leurs victimes. En général, ils sont beaucoup plus nombreux que le petit équipage à bord.

La différence vient après. Les pirates des Caraïbes avaient l’habitude de voler leurs victimes et peut-être de les tuer puis ils abandonnaient le navire. Ils ne cherchaient pas à obtenir une rançon en échange de leurs victimes. Mais les pirates barbaresques eux, si, comme les pirates somaliens.

Mais les bâtiments de guerre ne peuvent plus les traiter comme ils le faisaient à l’époque.

Référence :

BBC (Grande-Bretagne)