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Le renouvellement des SNLE britanniques comporte de gros risques. Des questions importantes demeurent sur le coût du projet, a averti mardi une agence parlementaire indépendante.
Le calendrier du gouvernement est si serré que tout retard pourrait mettre en danger l’objectif déclaré du maintien de la dissuasion nucléaire, ajoute le National Audit Office dans un rapport insistant sur les risques au niveau du coût, du design et de la gestion de ce programme controversé.
Le ministère britannique de la défense, qui prévoit déjà de prolonger de 5 ans la durée de vie de ses SNLE actuels, estime le coût de la construction de 3 ou 4 SNLE entre 15 et 20 milliards £ (18 à 24 milliards €). "Il y a des incertitudes majeurs sur le budget ... qui doivent être corrigées," indique le NAO.
Les coûts sont vulnérables à l’inflation, à l’évolution des taux de change — la Grande-Bretagne va acheter ses missiles aux Etats-Unis —, à des changements dans le design, et à l’impact que la TVA aura sur le programme, explique le rapport de mardi.
Le gouvernement britannique a expliqué que le coût annuel d’opération des SNLE s’élèverait à 6% du budget total du ministère de la défense sur une durée de vie de 25 ans. Avec un budget de la défense d’environ 30 milliards £ (37 milliards €), le coût total des prochains SNLE pourrait par conséquent s’élever à plus du double du prix de sa construction.
Tim Banfield, responsable de la défense au NAO, a averti mardi sur une "supervision insuffisante" du budget. Le problème est compliqué par le fait que les compagnies impliquées dans le projet, en particulier BAE Systems, qui construit les sous-marins, et Rolls-Royce, qui fabriquent les réacteurs des sous-marins, sont en position de monopole.
Un problème est que la Grande-Bretagne achète les missiles Trident aux Etats-Unis qui les entretient aussi. Le nouveau système de SNLE doit entrer en service en 2024. Pourtant, les Etats-Unis prévoient déjà de construire un nouveau type de missiles en 2042, laissant la Grande-Bretagne devant la perspective couteuse de devoir adapter ses sous-marins à un nouveau système d’armes américain, avertit le rapport.
Les responsables du NAO ont aussi souligné mardi le manque de marins spécialisés dans la conduite des réacteurs nucléaires et dans la surveillance des missiles nucléaires. Le manque de personnel qualifié va probablement empirer, expliquent-ils, "aggravé par la concurrence des projets nucléaires civils". Le rapport souligne que la construction des SNA de la classe Astute, à propulsion nucléaire mais à armes conventionnelles, a 41 mois de retard et dépasse le budget initial d’1 milliard £.
Le gouvernement indique que la Grande-Bretagne doit commencer à envoyer ses nouveaux SNLE en patrouille en 2024. Chaque sous-marin a besoin de 2 ans d’essais après le lancement, de 8 ans de construction et de 5 ans de conception, selon le NAO. Un contrat de conception des sous-marins doit être signé au plus tard en septembre prochain si le gouvernement veut respecter son calendrier.
The Gardian (Grande-Bretagne)
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