Il n’y a pas assez de sous-marins d’attaque et de sous-marins lanceurs de missiles de croisière dans la flotte américaine pour répondre aux besoins des commandants opérationnels autour du globe, ont indiqué de hauts responsables de l’US Navy.

« Les demandes des commandants opérationnels pour ce type de navires dépassent de loin ce que nous pouvons fournir, » a expliqué le vice-amiral Mike Connor, Commandant des forces sous-marines américaines.

L’amiral Connor a détaillé ce besoin tout en énumérant une série d’investissements prioritaires souhaités afin de maintenir la dissuasion nucléaire sous-marine, le développements de missiles et répondre aux besoins des commandants opérationnels en mission de sous-marins et en technologies.

« Les sous-marins sont nécessaires parce qu’ils fournissent des choses très réelles, comme la connaissance de l’activité des réseaux terroristes, la surveillance pour les forces d’opérations spéciales et la connaissance des capacités et des intentions des adversaires potentiels, » a ajouté l’amiral Connor. « Nous ne pouvons pas faire toutes ces choses en même temps, avec un ou 2 sous-marins par théâtre d’opérations. »

Au total, l’US Navy dispose de 73 sous-marins : 14 SNLE de la classe Ohio, 4 sous-marins lanceurs de missiles de croisière ou SSGN, 42 SNA de la classe Los Angeles, 3 de la classe Seawolf et 10 de la classe Virginia.

Bien que l’US Navy construise actuellement 2 sous-marins de la classe Virginia par an, on s’attend à un manque de sous-marins qui devrait empirer dans les prochaines années puisque les sous-marins de la classe Los Angeles devraient être désarmés à un rythme plus rapide que les Virginia sont construits. A cause de ce phénomène, certains hauts responsables de la Navy ont suggéré que le désarmement de certains Los Angeles soit retardé.

Un spécialiste explique que les sous-marins d’attaque sont utilisés d’une façon très différentes que dans les années 80, quand l’US Navy en disposait d’une centaine pour surveiller les activités des sous-marins de l’Union Soviétique. Cette évolution découle en partie de l’accroissement des capacités technologiques des nouveaux sous-marins.

« Les commandants opérationnels les utilisent pour le recueil de renseignement. Un des domaines dans lequel nous sommes vraiment en avance dans le recueil de renseignement, la surveillance et la reconnaissance, c’est avec les sous-marins, en particulier ceux de la classe Virginia. Les nouveaux sous-marins ont des capacités beaucoup plus importantes, » explique un spécialiste, Daniel Goure.

M. Goure explique que l’apparition de nouvelles technologies, dans les sonars, les senseurs et le matériel de surveillance, a complètement changé les missions attribuées aux sous-marins d’attaque. Dans les années 80, ils étaient utilisés pour lutter contre les sous-marins de l’adversaire, alors que depuis la fin de la Guerre Froide, ils sont plus souvent utilisés pour du renseignement et des frappes contre la terre, souligne Goure.

Par conséquent, la demande en sous-marins a fortement augmenté, au moment même où leur nombre diminue.

La diminution anticipée du nombre de sous-marins est l’une des raisons qui explique la construction des modules de charges utiles pour sous-marins (Virginia Payload Modules : VPM), un projet qui ajoute une section, un “module”, aux sous-marins actuellement en construction et dont la livraison doit intervenir à partir de 2019.

Les sous-marins actuels de la classe Virginia peuvent lancer au moins 12 missiles par sous-marin. La modification VPM permettra aux sous-marins Virginia “Block V” de lancer jusqu’à 40 missiles, ont expliqué des responsables de la Navy.

L’idée derrière le VPM est de conserver les armes, la puissance de feu et la capacité d’emport alors que les 4 SSGN vont commencer à être désarmés à partir de 2026.

Référence :

Military.com (Etats-Unis)