En 1912, le croiseur cuirassé Jeanne d'Arc devient le navire-école d'application pour les jeunes officiers sortis de l'école navale. En 1928, un nouveau croiseur est mis en chantier à Saint Nazaire , il porte le nom de Jeanne d'Arc et remplace jusqu'en 1964 le premier bâtiment nommé. On connait la suite des événements puisque le porte-hélicoptères La Résolue, reprend le nom de Jeanne d'Arc et assumera la noble mission jusqu'à sa mise hors activité en 2010. Brest, port d'affectation du bâtiment-école depuis le début de la mise en oeuvre des campagnes au profit des officiers-élèves, a possèdé une vie intime avec le prestigieux navire et sous tous les cieux politiques, la grande ville du ponant a connu un attachement très fort avec la Jeanne , comme on l'appelait, quelques soient les élus qui se trouvaient à la tête de la destinée municipale. Bien au delà de l'aspect médiatique appuyé des départs et des arrivées du navire, on ne pouvait dissocier l'agglomération bretonne d'un bâtiment hors du commun qui représentait dignement la ville, la région et la France sur toutes les mers du globe.Le retrait du service de la Jeanne d'Arc, a été ressenti comme une douleur dans le coeur d'une population attachée à sa marine mais le remplacement chaque année du fier bateau par un bâtiment de projection et de commandement associé à sa fidèle conserve, la frégate Georges Leygues, a permis d'atténuer ce sentiment d'être abandonné par la marine peu reconnaissante.
Le prochain départ de la mission "Jeanne d'Arc" , à partir de la base navale de Toulon, pour le bâtiment de projection et commandement Dixmude, et sa frégate d'accompagnement, manque une date importante mais aussi peut être apprécié par les inconditionnels de l'application des traditions maritimes comme une trahison et je pense particulièrement à la ville de Brest , qui avait déjà assez souffert du transfert à Toulon, de la plus grande partie de la flotte militaire. Les cérémonies des mouvements de la Jeanne d'Arc pour les départs et les retours de missions étaient des événements à répercussion nationale largement commentés par les médias de la presse écrite et télévisée ; elles donnaient lieu à l'arrivée dans la région de centaines de membres des familles et c'était donc aussi aux plans du renom d'une ville et d'une économie locale, très important , même si les regrets de la disparition d'un navire mythique ne pouvaient être totalement annihilés. Le changement de port de départ de mission est sans aucun doute dicté par des raisons pratiques et économiques mais il serait tout de même très intéressant de connaitre les motifs d'une telle décision et si cette pratique serait poursuivie au cours des prochaines années. L'intérêt stratégique de la méditerranée n'échappe à personne mais ce n'est pas un fait nouveau ;au coeur des villes , il y a aussi des populations qui sont sensibles à la marine et à ses traditions. On ne peut pas qualifier de chauvin l'auteur de ce propos qui demeure en région PACA et la plupart du temps dans le port du Levant.
