Le parquet tempère l'enthousiasme des familles

Le naufrage de ce chalutier français, au large des côtes anglaises, en janvier 2004.

Modérateur: gilles_tagada

Le parquet tempère l'enthousiasme des familles

Message par gilles_tagada » 29 Juin 2007 06:41

Pour le parquet de Quimper, il y a d'autres objections à la thèse du submersible.

Des sous-marins de la force interalliée qui participaient à un exercice de lutte anti-sous-marine le lendemain du drame dans la zone du naufrage ont la plupart été lavés de tout soupçon. La position des huit sous-marins des Marines britannique, française, allemande et néerlandaise empêche leur implication dans le naufrage, selon Mme Kayanakis.

Les juges Foltzer et Corre attendent les retours de commission rogatoire adressés à la Grande-Bretagne pour s'assurer de la position de autres trois sous-marins britanniques le jour du naufrage. Après? Il n'y a plus que la thèse de sous-marins espions. "Mais que viendraient-ils faire là, dans une zone peu profonde pour eux (80 à 100 mètres, NDLR) et où ils auraient peu de capacités à faire des manoeuvres de fuite?", s'est demandé le procureur.
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Message par Starshiy » 29 Juin 2007 13:10

Bonjour

Une question qui m'interpelle et sur laquelle je n'ai vu aucun élément clair.

Quels sont les élements initiaux de stabilité du chalutier? (ro-a etc...)
Y-a-t-il eu (comme souvent hélas!) des modifications "sauvages" genre ouvertures sous la ligne de flottaison, déplacement de poids importants vers le haut etc... ?
Si oui, a-t-on remis à jour le dossier de stabilité?

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Message par gilles_tagada » 29 Juin 2007 16:18

Malheureusement, je n'ai aucune information à ce sujet (peut-être dans le rapport du BEA/Mer?).

Je crois avoir vu que la porte donnant sur la salle des machines était ouverte.
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Message par JLC » 17 Juil 2007 10:34

Le néophyte que je suis n'est pas intervenu depuis longtemps sur ce forum. Beaucoup de réponses aux question posées se trouvent dans le rapport du BEA, que j'ai relu avant de reprendre la plume, et qui est vraiment un très bon rapport sauf qu'il a choisi une présentation qui le fait se terminer en queue de poisson. Il écarte un grand nombre d'hypothèses du type voie d'eau, abordage de surface, dégradation de la coque. Par contre la façon qu'il a d'écarter la thèse du SM est imparfaite. En effet il y a un cas dans lequel une traction sur le câble de chalut à bâbord fait passer le panneau du chalut bâbord en dessous le câble tribord, c'est dans le cas d'un accrochage fait par un aileron de gouverne tribord d'un SM navigant parallèlement au chalutier. Mais dans ce cas la navigation du SM aurait été fortement perturbée et il aurait du remonter en surface. je suppose que ces alierons de gouverne ne sont pas fait pour supporter les pressions pontuelles de plusieurs dizaines de tonnes dont parle le juge. Et en outre ça ne règle pas la question de la présence du SM en plongée dans de telles eaux. Vous nous avez tous collectivement expliqué qu'avec aussi peu de profondeur ce n'était guère crédible. Sauf pour un SM espion, mais on ne sait pas grand chose des us et coutumes de ce genre de SM. Mais ça c'est ce forum qui l'a mis en avant. Ce n'est pas le rapport du BEA !
Il est à espérer que le rapport de l'expert en SM désigné par le juge pourra être rendu public. On suppose qu'il s'agit d'un vague amiral en retraite mais connaître son nom serait quand même bien utile. Tout ce qu'on sait c'est qu'il a réussi à démontrer qu'aucun des SM jusqu'ici cités ne pouvait être réellement impliqué et pour le moment il faut admettre qu'aucun SM de l'OTAN ne peut être le coupable.
Les rapports des autres experts ne sont pas non plus publics. Comme les parties civiles n'ont pas encore jugé utile de les diffuser c'est qu'ils ne doivent gère aller dans le sens qui est le leur. Nous n'avons que des petites phrases extraites de leur contexte.
Le rapport du BEA pèche aussi sur un autre point. Son explication du naufrage se tient mais ne repose en fait que sur des suppositions sur ce qu'aurait fait le commandant de bord du chalutier. Or aucun élément matériel ne permet d'affirmer ni d'infirmer ces éléments. C'est vrai que l'on connait à bord des avions et sur la route beaucoup d'agissements qui défient la raison et qu'on ne voit pas pourquoi il y en aurait pas en mer, mais il aurait été plus simple de ne pas faire de suppositions de ce genre.
En relisant quand même de plus près le rapport du BEA on constate que quelque soit l'origine dans tous les cas supposé de l'événement, il a été considérablement aggravé par le fait que des portes étanches étaient restées ouvertes. Et que c'est finalement ça qui a rendu le naufrage inéluctable.
Les derniers développements de l'affaire restent difficiles. Le recours au Président de la République se comprend, mais l'argumentaire qui consiste à dire que puisqu'on ne trouve rien en ce qui concerne le SM c'est que l'on cache particulièrement bien les preuves de sa présence sur zone, et que sa mission était donc particulièrement secrète, peut s'appliquer à beaucoup de choses et ne facilite pas la compréhension rationelle de l'évenement.
Pour le moment quelque soit la thèse developpée sur le phénomène initial, ce n'est que supposition sur supposition.
Il faudrait rester modeste et dire que malgré de nombreuses recherches, pour le moment on ne sait pas pourquoi ce chalutier s'est retrouvé dans une situation critique, mais que des situations critiques imprévisibles peuvent toujours arriver et qu'il faut donc prendre les précautions pour y faire face : attacher sa ceinture dans les voitures, fermer les portes étanches sur les bateaux, etc…
Cela ne calmera pas les douleurs familiales qui sont légitimes et respectables et rien ne devrait empêcher les investigations publiques ou privées de se poursuivre, mais leur efficacité ne pourra aller qu'en décroissant, sauf révélation d'un membre de l'équipage du SM qui mettrait ainsi à jour l'existenc d'une conspiration. Le propre des conspirations, surtout quand elles impliquent beaucoup de personnes, c'est qu'elles finissent toujours par ressurgir, mais c'est rarement du fait des enquêteurs.
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Message par gilles_tagada » 17 Juil 2007 11:03

Imaginez les circonstances suivantes :

La météo n'est pas trop défavorable, un chalutier est en pêche en pleine nuit. Survient alors un orage. Une rafale de vent souffle sur le travers du chalutier et le couche sur le coté.

En moins de 5 minutes, le chalutier a coulé. Le naufrage est si rapide que le patron n'a pas le temps d'informer les secours. Heureusement, comme le chalutier était en pêche, tout le monde était réveillé et réussi donc à sortir du bateau (ils se réfugient sur la coque qui flotte pendant quelques heures).

Vous noterez la rapidité du naufrage, qui ressemble au Bugaled Breizh.

Cette histoire est-elle sortie de mon imagination fertile? Non, c'est le naufrage du fileyeur Cavalier des vagues (Communiqué sur le site de la préfecture maritime).

Ceci dit, je me pose 2 questions sur le naufrage du Bugaled Breizh :
- si quelque chose s'est effectivement pris dans les funes du chalut, avant que le chalutier ne soit attiré vers le fond, il aurait dû y avoir un signe avant-coureur (funes prenant un drole d'angle, bateau changeant de route...).
- le patron a eu le temps de lancer des appels de détresse. Pourquoi ne pas sauter à la mer pour se sauver? Pourquoi ne pas tenter de réveiller les autres membres de l'équipage (un a été retrouvé dans sa couchette)?

Dans votre message vous citez comme cause aggravante, l'ouverture des portes étanches. Il faut aussi citer l'absence des coupe-cables qui doivent couper les funes en cas de surchage. Malheureusement, les patrons les enlèvent pour gagner du temps lors des manoeuvres de chalut.

Je commence à me demander si toute cette affaire n'est pas, en ce qui concerne les familles et leur avocat, juste une histoire de gros sous. Au cas où l'implication d'un sous-marin est reconnue sans qu'on puisse l'identifier, les familles pourront demander, en temps que victimes d'une infraction, à être indemnisées par la commission d'indemnisation des victimes d'infraction. Cela dégagera aussi les responsabilités éventuelles du propriétaire et du patron.
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Message par JLC » 19 Juil 2007 22:32

J'ignorais l'existence de cette commission d'indemnisation des victimes d'infraction. Mais je crois qu'il faut se garder de trouver des raisons mercantiles aux familles. Pour les avocats et les journalistes s auteurs d'ouvrages et autres gens de plume …
Si c'était vraiment de telles raisons qui les poussent, en cas de faute du patron, les familles des autres victimes pourraient donc se retourner vers cette commission ?

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Message par gilles_tagada » 20 Juil 2007 07:12

J'ai évoqué cette commission parce qu'un article de je ne sais plus quel journal parlait clairement de cette solution. Selon le journal, l'objectif était clairement d'obtenir qu'un responsable soit désigné, même s'il restait inconnu. Il fallait absolument éviter que le naufrage soit classé dans la catégorie "accident" ou "fortune de mer" pour que les familles puissent ensuite s'adresser à la commission.

La commission ne traite que les dossiers des infractions commises par des tiers non-identifiés ou insolvables. S'il s'avérait que le propriétaire (ou qui que ce soit d'autre de clairement identifié) avait une part quelconque de responsabilité dans le naufrage, ce serait alors ses assureurs qui verseraient les indemnités.
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Message par Starshiy » 23 Juil 2007 17:48

Bonjour

On retrouve exactement la même problématique dans le cas d'AZF à Toulouse.
Si c'est un attentat, c'est à la commission de régler les dommages.
Si c'est une erreur c'est alors à l'assurance de Total ou de ses sous-traitants.
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Re: Le parquet tempère l'enthousiasme des familles

Message par JLC » 29 Déc 2007 15:15

Il y avait longtemps que le néophyte que je reste n'étais pas intervenu sur ce forum, mais le tapage médiatique qui s'est manifesté à la suite de la sortie d'un nouveau rapport judiciaire en ce qui concerne la cause initiale du naufrage du BB, conduit évidemment à reprendre tout ce qui a été échangé ici sur ce sujet depuis la sortie du rapport du BEA. Je m'étonne d'abord que l'on passe sous silence le rapport de l'expert en SM désigné par le juge que les parties civiles qui sont sans doute à l'origine des violations du secret de l'instruction n'aient pas fait fuiter celui-là. On suppose que le vague amiral en retraite qui l'a commis a dû conclure qu'aucun SM connu n'était impliqué dans ce sinistre. C'est un point d'importance. Il lui reste à dire qu'il est peu probable qu'un SM inconnu se soit aventuré dans de telles eaux. Il y aurait un autre rapport d'un commandant KESSEL je crois dont on ne sait rien non plus. Ce qui fuite de l'instruction est ce qui va dans le sens de l'implication d'un SM
Le nouveau rapport dont on nous dit qu'il émane d'Ifremer ne semble pas, pour ce qu'on en sait, contredire que rapport du BEA. En effet ce dernier (il faut relire son rapport) n'impute pas le désordre des câbles de traction du chalut et le croisement des panneaux divergents à ce qu'il appelle une croche molle mais à une gestion inadéquate de celle-ci par le chef de bord du BB qui a donné du mou à un des deux câbles tout en maintenant la tension de l'autre. Or le rapport d'Ifremer ne semble pas prendre en compte un tel comportement. Il semble dire simplement que la croche ne permet pas en elle même d'expliquer le désordre des câbles de tractionet le croisement des panneaux divergents. Nous sommes là au cœur de la faiblesse des deux raisonnements. Le BEA suppose qu'il y a eu un comportement inadéquat du chef de bord mais n'a vraiment aucun élément pour l'étayer. Les tenants de la thèse du SM supposent qu'il y a eu accrochage des câbles par un SM mais n'ont eux non plus toujours aucun élément pour l'étayer. On est à supposition contre supposition et les deux thèses sont à égalité conceptuelle. On ne peut écarter ni l'une ni l'autre. On pourrait aussi commencer à penser à les écarter toutes les deux.
Je récidive mes précédents propos annexes. En relisant quand même de plus près le rapport du BEA on constate que quelque soit l'origine dans tous les cas supposé de l'événement, il a été considérablement aggravé par le fait que des portes étanches étaient restées ouvertes. Et que c'est finalement ça qui a rendu le naufrage inéluctable.
Il faudrait rester modeste et dire que malgré de nombreuses recherches, pour le moment on ne sait pas pourquoi ce chalutier s'est retrouvé dans une situation critique, mais que des situations critiques imprévisibles peuvent toujours arriver et qu'il faut donc prendre les précautions pour y faire face : attacher sa ceinture dans les voitures, fermer les portes étanches sur les bateaux, etc…
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