Une mission hors des routes fréquentées pour le Vendémiaire
Publié le 16 décembre 2004, dernière mise à jour le 16 décembre 2004.
Le Vendémiaire, la frégate de surveillance de la Marine nationale basée à Nouméa, a accosté hier matin après trois mois de navigation, entre représentation diplomatique et surveillance des pêches.
« La première phase de la mission a surtout été diplomatique. » Le capitaine de frégate Damien Lorge, commandant du Vendémiaire enchaîne les escales. Presque mécaniquement. La dernière étape avant de souffler.
Vladivostok, Terney, Wakkanaï, Korsakov, Petropavlosk..., la liste du commandant Lorge sent la neige. Dehors, le quai est blanc de soleil. Le voyage est terminé.
Le Vendémiaire est arrivé, hier matin, après une mission de trois mois dans le Pacifique. Les sacs de courriers attendent encore au pied de la coupée.
« Le Vendémiaire n’avait pas fait d’escale à Vladivostok depuis environ six ans... L’accueil dans les pays de la Fédération de Russie a été fantastique partout et particulièrement à Terney », reprend le commandant Lorge. Terney : un village, un port minuscule au nord de Vladivostok, qui ne voit jamais personne. Et encore moins des bâtiments militaires français. « Nous étions les premiers à y mouiller depuis Lapérouse, en 1787, précise le commandant. Organisée avec l’association Albi-Lapérouse, l’escale avait pour objectif de revenir sur les traces du grand navigateur. »
Montrer le drapeau
Les ports se suivent, souvent des premières ou des destinations un peu oubliées : Wakkanaï au nord du Japon où aucun bateau militaire n’avait fait escale depuis trente ans, Korsakov à l’extrémité nord de l’île Sakhaline, ouvert à la circulation depuis une dizaine d’années seulement, Petropavlosk, au Kamtachatka, où le Vendémiaire a été le premier bateau européen à faire escale depuis l’ouverture du port en 2001. « Cela nous a permis de tester les capacités d’accueil et de soutien de ces escales dont, souvent, nous ignorions tout. Parallèlement, à cause justement de leur rareté, elles ont eu une importance sans doute accrue. A Petropavlosk, l’ambassadeur de France en Russie est venu à bord... » L’objectif : montrer le drapeau, assurer la présence française dans le Pacifique, tisser un peu plus serrés les liens diplomatiques. Le bâtiment a ensuite participé à un exercice international au Japon, avant d’entamer la seconde phase de sa mission. Et, là, plus de petits-fours. Le bateau a consacré plusieurs semaines à la surveillance des pêches en Papouasie, à Wallis-et-Futuna et aux Tonga, avant de rentrer via Hunter et Matthew. « Nous nous rendrons compte de la fatigue dans deux ou trois jours... »
La frégate en chiffres
Livré en janvier 1993, le Vendémiaire est la cinquième d’une série de six frégates, construite par les chantiers de l’Atlantique. Affectés à des missions de surveillance maritime, ces bâtiments sont principalement utilisés pour la police de la navigation, l’assistance aux pêches, la protection du trafic commercial ou la collecte de renseignements. Ils peuvent également soutenir des opérations à caractère humanitaire.
Longueur hors tout : 93,50 mètres
Largeur à la flottaison : 14 mètres
Déplacement maximum : 2 950 tonnes
Tirant d’eau correspondant : 4,40 mètres
Propulsion : 8 800 chevaux
Vitesse : 20 nœuds
Production électrique : 3 x 590 kW
Equipage et passagers : 123
Autonomie : 50 jours
Rayon d’action à 15 nœuds : 10 000 milles nautiques
Système d’arme : un hélicoptère, un canon de 100 mm et un de 20, deux Exocets et deux lance-leurres.
Marie Vecten
Référence :
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Ancien marin, Gilles Corlobé a passé la majeure partie de sa carrière sur les sous-marins. Désormais en retraite, il a conçu l’identité visuelle du site et il le tient à jour. Vous pouvez retrouver l’interview qu’il nous a accordé ici.

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